Lac Mai-Ndombe : aucun finaliste de l’Exétat n’est mort

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La nouvelle de la mort, par noyade dans le Lac Mai-Ndombe, de deux finalistes de l’Examen d’Etat, élèves de l’Institut Beleke 1, a circulé avec persistance, pendant une bonne partie de la journée d’hier dimanche 06 septembre 2020, provoquant un terrible choc dans le secteur de l’enseignement primaire et secondaire. C’est finalement en fin d’après-midi  que le démenti est tombé, avec comme auteur une source digne de foi, à savoir le gouverneur de la province de Mai-Ndombe en personne,  Jacs Mombaka.

                  Selon son récit, les deux élèves donnés pour morts, à savoir François Ntikala et Mbokolo Mpeti, ont réussi à s’accrocher à la pirogue qui venait de se renverser sous la poussée des vagues, laquelle a dérivé jusqu’à plusieurs dizaines de mètres du lieu du naufrage, pour aller finalement échouer au village Ipeke. Des pêcheurs, témoins du drame, qui suivaient les mouvements de la pirogue en dérive, sont spontanément allés à leur secours, pour les sortir de l’eau et les ramener sur la terre ferme.

                  Mbongo Mbonzale, inspecteur adjoint chargé de l’évaluation et du concours, a donné la même version des faits, soulignant lui aussi que les deux rescapés ont eu la vie sauve pour avoir eu l’ingénieuse idée de ne pas lâcher la pirogue entraînée par des vagues du Lac Mai-Ndombe.

                  Après ce drame manqué, et l’émotion qu’il a suscitée, François Ntikala et Mbokolo Mbonzale sont bien portants au centre de l’examen d’Etat situé au village Belembe, et en attente des épreuves de la session ordinaire dont le coup d’envoi est prévu ce lundi 06 septembre. Seul point noir : ils ont tout perdu, argent comme effets personnels.

                  Après avoir présenté ses condoléances aux familles éprouvées aussitôt après qu’il a appris la mort par naufrage de ces deux finalistes, le ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, Willy Bakonga, en séjour à Lubumbashi où il compte superviser le démarrage de l’édition 2019-2020 de l’Examen, s’est peu après ravisé pour saluer leur bravoure et rendre grâce à Dieu pour leur avoir permis de rester en vie.

                  Tout en partageant la joie des deux rescapés, de leurs familles et de l’ensemble du secteur éducationnel congolais, l’on ne peut ne pas déplorer la persistance d’une cartographie scolaire qui pénalise terriblement, financièrement et moralement, les finalistes du primaire comme du secondaire des provinces, obligés de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour rejoindre leurs centres d’examens et séjourner, dans le périmètre, à leurs frais, pendant toute la durée des épreuves. Ces voyages, par route, rivière, fleuve ou lac ne sont pas sans danger.

                  La preuve en est que lors du Tenafep (Test National de Fin d’Etudes Primaires), cinq écoliers finalistes du primaire avaient été tués dans le Masisi, au Nord-Kivu, à la suite d’une attaque d’un groupe armé.

                  La semaine dernière, on a déploré des cas de viol, réels pour certaines sources filles finalistes du secondaire dans la province de l’Ituri, plus précisément à Bunia, lors des épreuves hors-session.

                  Le ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, devrait initier rapidement des études de terrain en vue de la mise en place des centres d’Examen d’Etat de proximité dans toutes les provinces de la République, de manière à épargner les touts petits de longs voyages en véhicules sur des distances dépassant parfois 70 kilomètres, et de la traversée à risques, à bord des embarcations de fortune, des rivières, fleuves et lacs.

                                                     Kimp

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