Lac : controverse autour du B. 737

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Après de gros espoirs suscités par l’acquisition, l’année dernière, d’un Boeing 737, la grogne a repris de plus belle au sein du personnel des Lignes Aériennes Congolaises (LAC). La situation est de nouveau au bord de l’explosion. En cause : la décision imputée à l’Administrateur Directeur Général, Paul Kyambale, de clouer au sol l’unique aéronef de cette compagnie, pour non rentabilité. Et, depuis le mois d’avril, « Amani » – c’est le petit sobriquet du Boeing 737- est immobilisé dans les hangars de l’aéroport international de N’Djili.

A en croire des cadres et agents des Lignes Aériennes Congolaises, cet avion est au point, après avoir subi une petite réparation relative à un bobo mineur. Il se trouve donc dans un état parfait de fonctionnement et peut prendre les airs à tout moment, sans le moindre risque.

Son immobilisation prolongée et à durée indéterminée présente plusieurs inconvénients pour la trésorerie de l’entreprise. Un : il y a des frais d’entretien (check hebdomadaire) à engager sans la moindre contrepartie. Deux : un terrible manque à gagner est enregistré, surtout pendant la période de pointe ayant marqué les festivités du 30 juin. Trois : quatre pilotes expatriés embauchés spécialement pour ce Boeing 737 et réduits au chômage forcé, ont droit à leurs salaires à la fin de chaque mois, à leurs frais de loyers, à leurs indemnités kilométriques, etc.

La rémunération du gros du personnel, suspendue depuis décembre 2009, a repris son cycle infernal de l’impaiement (200 mois de salaires impayés). Par ironie, on parle désormais de LAC en termes de « compagnie terrestre », au regard de l’absence totale de sa flotte sur les réseaux domestique et extérieur.

Une scène fort cocasse a été vécue aux Lac à la veille du 30 juin : la prise en otage de l’Adg Kyambale par des agents ayant à leur tête des femmes. Coincé, il a dû libérer un forfait de 50 dollars Us en faveur de chaque travailleur présent pour obtenir sa liberté.

On laisse entendre que l’Administrateur Directeur Technique, Cherubin Okende, et l’Administrateur Directeur Financier, Vincent de Paul Kibwe, se sont plaints dernièrement auprès de la ministre du Portefeuille. Leur requête portait sur la « privatisation » de la gestion de la compagnie aérienne nationale par son Administrateur Délégué Général intérimaire. Parallèlement à cette alerte, dit-on, la tutelle a diligenté un audit dont les résultats sont attendus avec beaucoup d’impatience.

Par ailleurs, on signale la paralysie totale du Conseil d’Administration. Les Administrateurs posent comme préalable à toute réunion la liquidation d’au moins deux mois de leurs émoluments. Après deux journées de deuil national, qui se sont traduites par deux journées fériées aux Lac à la suite d’une confusion inexpliquée, la reprise du travail s’annonce houleuse ce mercredi.

                                               Kimp.

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