La visite du Roi des Belges au Congo : la covid s’interpose

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Sa Majesté le Roi des Belges était attendu à Kinshasa l’année dernière pour sceller, à l’occasion du soixantième anniversaire de l’indépendance de la République Democratique du Congo, l’amitié retrouvée entre deux pays jadis unis par l’histoire. L’occasion était belle pour gommer les aspérités qui ont caractérisé les relations entre les deux pays au cours des dix dernières années.

            Convenue de longue date, la visite du souverain belge n’a finalement pas eu lieu, le coronavirus s’étant invité à la manifestation, obligeant les Congolais à méditer au lieu de fêter. Si à Kinshasa on s’en sortait tant bien que mal en dépit de la précarité de nos structures hospitalières, en Belgique on comptait beaucoup de morts et un chef de l’Etat responsable ne pouvait, dans ces conditions, se permettre un déplacement hors du territoire national.

            Ce n’était que partie remise. Reportée au 30 juin 2021, le voyage royal vient de nouveau de connaître un couac. La pandémie est toujours là malgré l’arrivée sur le marché de plusieurs vaccins destinés à mieux protéger la population. Pendant ce temps, la capitale congolaise qui pensait avoir fait le plus dur dans sa lutte contre le coronavirus se trouve subitement frappée par la troisième vague qui semble décidément animée d’intentions malveillantes. Les centres de traitement de la covid-19 sont tous pris d’assaut, de sorte qu’il devient difficile de préparer une vraie fête pour le 30 juin.

            Face à cette conjugaison de mauvaises nouvelles, Felix-Antoine Tshisekedi et le Roi Philippe II se sont parlés hier et ont convenu de reporter le voyage du souverain belge au Congo en 2022.

            En attendant, l’essentiel du programme prévu côté congolais va être respecté parce que le Président de la République va se rendre à Bruxelles pour récupérer les reliques de Patrice-Émery Lumumba, le tout premier Premier Ministre du Congo indépendant, tué le 17 janvier 1961 avec une sauvagerie inouïe dans la banlieue d’Elisabethville par des mercenaires belges sur un ordre écrit du ministre belge des affaires africaines, le Compte H.d’Aspremont-Lynden, celui-là même que le Premier Ministre Eyskens avait dépêché en juillet 1960 au Katanga comme chef d’une mission officieuse. Le 11 juillet, on s’en souvient, l’Etat indépendant du Katanga était proclamé.

            Pendant la mise à mort de Lumumba et de ses compagnons d’infortune Mpolo et Okito, l’un des mercenaires s’était permis d’arracher deux dents du Premier Ministre et les avait gardées comme un trophée qu’il présentait à ses admirateurs. Ces dents font partie des reliques qui seront restituées à la RDCongo à travers son président Félix-Antoine Tshisekedi en vue de permettre à la famille Lumumba et aux Congolais dans leur ensemble de faire enfin le deuil de leur héros national.

LP

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