La ville de Goma progresse vers le volcan Nyragongo

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  « La ville de Goma s’étend de Sud vers le Nord, c’est-à-dire vers le volcan Nyragongo », a déclaré à la presse Mony Murongoni, chargé de communication de l’Observatoire volcanologique de Goma, le jeudi 30 août 2012, lors d’une séance d’information organisée dans un local de l’observatoire à Goma. « Les éruptions dangereuses du volcan Nyragongo se produisent sur son flanc sud. Elles provoquent des fissures à chaque avènement. Certaines fissures se prolongent jusque dans la ville, ce qui peut, rendre plus catastrophiques les prochaines éruptions », a-t-il estimé. 
Il a pour cela indiqué que « lors de la dernière éruption en janvier 2002, la ville de Goma ne comptait que 400.000 habitants. En 2009, Goma avait 1.000.000 d’habitants et en 2012, la ville a déjà dépassé les 1.200.000 habitants dont beaucoup se retrouvent pratiquement au pied du volcan ». 
«L’observatoire sensibilise la population et les autorités sur le danger de vivre à côté du volcan. Mais cela ne change pas le comportement de la population. Nous avons compris que la population reste très attachée à sa terre. Déjà lors de l’éruption volcanique du Nyragongo en 1977, le feu président Mobutu avait fait déplacer une bonne partie de la population vers Masisi, mais deux ans après la même population est revenue sur ses terres. Il en est de même lors de l’éruption volcanique de 2002. Le gouvernement avait fait déplacer la population vers l’ouest de la ville, mais elle a préféré revenir vers le volcan », a dit Mony Murongoni.
 
« Aujourd’hui, il y a plus de stations de vente de carburant à Goma qu’en 2002, a soutenu Mony Murongoni, or ces stations constituent des appuis de destruction pour les laves. Il faut demander à la population de s’éloigner des stations d’essence ou des véhicules qui sont pris par la lave, car ils peuvent exploser très violemment ». 
Comment sauver des vies humaines lors d’une éruption volcanique ? A l’Observatoire volcanologique de Goma on a tenté de répondre à cette question. Innocent Badriyo, spécialiste en analyse et prévention des risques volcaniques à l’observatoire, a signalé « qu’après des études de simulation sur les différents itinéraires qu’empruntent les laves du Nyragongo, des recommandations ont été faites au gouvernement notamment pour les canaliser avec des digues. La balle est dans le camp du gouvernement pour décider à ce sujet.»
Innocent Badriyo a signalé qu’avec les panaches de gaz (mélanges de plusieurs espèces gazeuses d’origine et volume différents de l’air atmosphérique) et les cendres volcaniques (fragments de roches parfois fins comme des cheveux ou des grains de sable), le volcan Nyragongo à lui seul produit entre 7.000 à 50.000 tonnes de polluant par jour. Presque la totalité des émissions de l’Union européenne en un mois ».
Selon ce spécialiste, le volcan Nyamulagira qui est encore actif ne représente pas de danger pour la population de Goma car par rapport à la ville, il est derrière le volcan Nyragongo qui, dans cette situation protège la ville contre les laves du Nyamulagira. Ses laves s’écoulent alors totalement dans le parc des Virunga et endommagent les voies de communication comme la route qui relie Goma à Masisi.  
 
De notre envoyé spécial Jean-René Bompolonga
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