La rentrée scolaire 2015-2016 à Kinshasa : l’Hôtel de Ville gronde; les parents se plaignent; les gestionnaires d’écoles se frottent les mains…

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Le lundi 07 septembre 2015, les rues, avenues et boulevards attendent les « bleu-blanc », signe visible d’une rentrée des  classes en RDC – où ces couleurs caractérisent l’uniforme scolaire officiel – et du début de scolarisation pour environ 2 millions d’enfants de 6 à 7 ans pour lesquels une intense campagne d’inscription à l’école a été menée. Mais c’est aussi la reprise des cours pour les enseignants et leurs élèves en progression à travers les deux cycles de l’enseignement primaire et secondaire, après les grandes vacances scolaires qui ont duré deux mois, c’est-à-dire  du 02 juillet au 07 septembre 2015. Aussi simple que cela semble paraître, ce retour pose problème non seulement à l’Etat,  organisateur de l’Enseignement dans notre pays, mais aussi et surtout aux parents ; particulièrement à cause de l’incompréhension qui surgit, chaque année en pareille période, dans les rapports entre les partenaires éducatifs que sont le Gouvernement, les gestionnaires d’écoles, les parents et les vendeurs des fournitures scolaires.

 

Pour le Gouvernement, la rentrée doit obligatoirement s’effectuer le 07 septembre 2015. Pour ce faire, plusieurs mesures ont été prises, parmi lesquelles, la distribution gratuite des manuels scolaires de Français, de Mathématiques et d’Education civique, la poursuite de la reconstruction et de la réhabilitation des écoles dans le cadre du Programme «PRRIS», l’obligation pour chaque école d’accueillir les élèves, sans aucune contrainte liée à l’argent ou à l’uniforme. Tout différend, selon le Gouvernement, devrait être réglé en concertation avec les comités des parents.

En outre, au niveau de Kinshasa, l’Hôtel de ville a interdit toute tracasserie ou contrôle des taxes (en août  et septembre 2015) pour laisser aux parents le temps de préparer la rentrée scolaires de  leurs rejetons et a menacé de sanctionner tout chef d’établissement qui refuserait d’accueillir un élève, quel que soit le prétexte.

Mais, les gestionnaires des écoles conventionnées jouent, quant à eux, un double jeu. D’un côté, ils ont déjà fixé les frais exorbitants qu’ils ont perçus et obligé les élèves à acheter leurs uniformes à l’école, de l’autre, ils assurent le gouvernement de bien suivre les instructions officielles. Une fourberie mal perçue par les parents qui, dans une plateforme nommée « Confédération des associations des parents d’élèves des écoles conventionnées (CAPEC) », ont lancé un appel à tous les parents d’élèves de dénoncer les chefs d’établissements fixant les  frais scolaires contraires aux taux officiels. La Capec a rappelé l’obligation légale faite aux parents de s’impliquer directement dans la fixation des frais dans les établissements scolaires où étudient leurs enfants.

Enfin, les commerçants, comme le prouve le constat fait dans les marchés kinois, veulent profiter de la rentrée scolaire,  pour rendre davantage. Mais ils sont bloqués piégé par la paupérisation des parents et la concurrence à outrance.

SAKAZ

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