La RDC face aux défis de la traçabilité de la production des diamants

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Une bonne partie des diamants congolais échappe encore aux structures officielles. En effet, par sa situation géographique, la République Démocratique du Congo qui a 9 pays frontaliers, a de sérieuses difficultés pour contrôler toutes les sorties ainsi que les entrées de cette matière précieuse d’autant plus que la partie Est du pays demeure dans une situation d’instabilité depuis des décennies. On signale la présence de plusieurs réseaux parallèles d’écoulement de cette matière première qui échappent  quasi totalement aux efforts de traçabilité. Un important manque à gagner pour l’Etat congolais qui peine encore à se stabiliser économiquement.

Afin de voir dans quelle mesure mettre fin à ce phénomène qui nuit sérieusement à l’économie nationale, la ministre des Mines va prendre part à une séance de travail  dans la ville d’Anvers, en Belgique, avec les diamantaires de la région, sur invitation de la firme Antwerp World Diamond  Centre  (AWDC), au regard de sa longue expérience dans la lutte contre la fraude des diamants. 

         Arrivée hier mardi 19 octobre 2021, Antoinette N’samba va visiter plusieurs installations diamantaires d’Anvers afin de palper du doigt les mécanismes mis en place pour éviter toute fuite des capitaux  à travers une traçabilité bien définie des diamants.  

         Il est ainsi prévu une rencontre avec les responsables de la firme belge « AWDC » sur leur modèle « firme to market »  qui consiste à établir la chaîne de   traçabilité  dans la production artisanale des diamants de la RDC, estimés à 70 % de la production artisanale mondiale des diamants.  La firme Antwerp World Diamond  Centre est une organisation faîtière officielle du secteur diamantaire belge représentant l’intérêt commun de toutes les entreprises actives dans le secteur des diamants, y compris les 1600 diamantaires enregistrés officiellement. On y trouve les polisseurs, des laboratoires des diamants mais aussi des  fournisseurs de services spécialisés tels que les banques, des assureurs et des transporteurs de fonds.

         Dans la ville d’Anvers, le secteur des diamants emploie directement 6500 personnes. On compte 26000 autres  emplois indirects liés à ce secteur. La Belgique reste le centre de négoce des diamants le plus important du monde.  Il sied de noter que plus de la moitié des diamants polis  dans le monde transite par Anvers.

Cette mission officielle effectuée par Antoinette N’samba va lui permettre  de renforcer les mesures visant à améliorer le contrôle interne et externe des diamants produits par la RDC, l’objectif majeur étant d’assainir l’environnement  minier qui, en réalité, contribue à 60% de l’économie nationale.

         Pour ce faire, elle s’est fait accompagner de différents responsables des services spécialisés du ministère des Mines, tels que le CEEC (le Centre d’Evaluation, d’Expertise et de Certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses), la CTCPM (organe conseil d’études et de coordination des activités du secteur minier)  et l’Institut Géographique du Congo.

Perside Diawaku

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