La RDC et HRW s’affrontent à Kampala

0
49

La conférence de révision du Statut de Rome de la Cour pénale internationale lancée depuis lundi à Kampala, en Ouganda a donné lieu à des réactions de certains participants au sujet de la problématique entre la paix et la justice. Des ONG internationales ont réaffirmé l’importance pour les Etats d’arrêter et de déférer devant la justice internationale les personnes accusées de crimes graves. Elles ont balayé l’argument selon lequel l’arrestation de certains suspects bloquerait le processus de paix dans certains pays comme la République démocratique du Congo.

Le gouvernement congo   lais réaffirme sa préférence à la paix, en référence au mandat d’arrêt lancé contre Bosco Ntaganda, poursuivi depuis 2006 pour crimes de guerre, particulièrement pour avoir enrôlé et fait participer des enfants de moins de 15 ans dans les conflits armés en 2002 en Ituri.

L’ONG internationale Human Rights Watch  (HRW) pense cependant que justice et paix sont compatibles. La chargée de campagne sur la justice internationale au sein de l’ONG estime que la violence persiste dans l’est de la RDC parce que certaines personnes suspectées de crimes de guerre sont en liberté.

« La culture de l’impunité qui persiste dans l’est du Congo n’a pas apporté la paix. Donc, c’est un mauvais procès qu’on fait à la justice et à la CPI en disant qu’elle est un obstacle à la paix, parce que c’est l’inverse que nous voyons. C’est le fait d’empêcher l’action de la justice qui a encouragé les criminels de guerre leur lançant un signal fort que s’ils commettent beaucoup de crimes ils seront promus dans les institutions de l’Etat», a déclaré Géraldine Mattioli, citée par Radio Okapi.

Plus de sécurité pour les « intermédiaires »

Plus de deux mille délégués des Etats parties, d’ONG et d’organisations intergouvernementales réunis en conférence vont examiner des amendements à apporter au Statut de Rome. Il sera question aussi de faire le bilan de la mise en œuvre de la Cour pénale internationale, fonctionnelle depuis 2002 et de son impact sur les victimes et les communautés affectées.

Des ONG congolaises ont plaidé en faveur d’une plus grande sécurisation des victimes et des informateurs de la CPI.

Un délégué d’une ONG de l’Ituri ayant requis l’anonymat a suggéré que soient incluses dans le statut de Rome des mesures efficaces pour sécuriser les informateurs ayant permis à la CPI d’arrêter quelques suspects. Mais également les responsables des Ong locales, reconnues comme intermédiaires par la Cour. Ces activistes des droits de l’homme facilitent aux requérants d’obtenir le statut de victimes à la CPI mais sont, pour la plupart, victimes des menaces anonymes souvent liées à leur statut de « facilitateurs ».

« L’intégration de certains suspects en liberté dans l’armée congolaise, à l’instar de l’ancien chef de guerre Bosco Ntaganda, ne permet pas aux intermédiaires de la CPI de vivre en toute tranquillité dans leurs milieux. », a fait savoir un délégué congolais à Kampala.

A l’ouverture…

Le secrétaire général de l’Onu, Ban-ki Moon, le président de l’assemblée des Etats parties, l’ambassadeur Christian Wenaweser ainsi que le président de la CPI, le juge coréen Sang-Hyun Song ont prononcé, chacun, un discours d’ouverture, tous articulés au tour de la nécessité pour les Etats de coopérer pleinement avec la Cour et d’intérioriser la complémentarité entre la CPI et les juridictions nationales.

Certaines ONG congolaises de défense des droits de l’homme déjà présentes à Kampala depuis le 26 mai dernier voudraient aussi que les Etats parties amendent l’article 16 du Statut de Rome.

Cet article donne la compétence au Conseil de sécurité des Nations unies de saisir la Cour et d’obtenir un sursis à une enquête ou à une poursuite engagée par la Cour.

 D-I.K

 

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*