La RDC appelée à réformer tous les secteurs

0
175

Après avoir renoué avec la croissance au cours de ces cinq dernières années, la RDC, notent les experts de la Banque mondiale et la plupart des observateurs, a réussi à rompre avec un passé marqué par l’hyperinflation, les déficits publics et l’endettement. L’inflation ramenée à moins de 4 % depuis 2012, la balance du budget sur ressources internes devenue excédentaire, les réserves de change reconstituées, la locomotive économique de la RDC a quitté la gare pour s’engager sur la voie du progrès avec comme objectif ultime, parvenir à l’émergence en 2030.

Les premiers chantiers ouverts par le gouvernement Matata Ponyo ont permis, il est vrai, d’assurer la stabilité du cadre macro-économique, la stabilité de la monnaie et la maîtrise de l’inflation. Comme dividendes escomptés, la croissance économique de 8,9 %, supérieure au niveau de la région de l’Afrique centrale, le pouvoir d’achat de la population s’est amélioré, la pauvreté a reculé.

S’il est vrai que le Trésor public qui tirait l’essentiel de ses ressources, dans le secteur minier et des hydrocarbures, a été durement affecté avec la baisse des recettes d’exportations de produits miniers et pétrolières due à la baisse des cours mondiaux de ces produits, les analystes relèvent que l’Etat devrait accélérer des réformes et déployer des efforts pour la mobilisation des ressources, notamment dans la fiscalité, en ciblant le secteur de l’économie informelle qui charrie des fonds importants.

Force est de constater que malgré les quelques embellies sur le plan économique, beaucoup reste à faire. Le recul de la pauvreté, font observer ces observateurs, a été important, mais reste insuffisant et souligne une faible transmission entre la croissance et le développement économique et social.  Dans l’étude menée par les experts de la Banque mondiale, on met en exergue la volonté politique qui n’apparait pas pour donner l’impulsion nécessaire à cette mobilisation de ressources internes. Recommandation formulée à ce sujet, un Etat plus efficace parvient à mobiliser plus de moyens en vue de mettre en place les réformes et les politiques à même de permettre à la société de gravir les échelons du développement.

Sur le plan de la gestion des entreprises publiques et des entités autonomes, on fait savoir qu’elles ne fournissent pas les résultats escomptés et accumulent plus des pertes. D’où elles ne sont ni rentables, ni performantes. C’est ici qu’il faudrait poursuivre avec les réformes et procéder aux choix courageux. Les auteurs de l’étude font remarquer que l’Etat devrait faire le tri entre les entreprises publiques qui devraient être gardées et réformées, de celles qui devraient être remplacées par des structures plus efficaces ou tout simplement liquidées.

Des dysfonctionnements et des faiblesses dans les secteurs qui dénotent le déficit de volonté politique

La Banque mondiale a mis un accent particulier sur les problèmes de l’efficacité institutionnelle, du processus budgétaire et du système des passations des marchés, qui affectent l’ensemble des secteurs, notamment la santé, l’éducation et les transports routiers, où les investissements publics sont très faibles.

Le ministre de la Santé qui a reconnu que la dépense publique en santé par tête est faible, a formulé le vœu de la voir augmentée. Et cette efficacité de la dépense publique dépend à la fois de la qualité des ressources humaines du secteur et de l’efficacité avec laquelle les ressources sont acheminées vers les districts et secteurs pour mettre les services à disposition d’une population en majorité pauvre. Félix Kabange Numbi compte énormément sur le projet de la couverture sanitaire universelle.

Dans le secteur de l’éducation, il y a beaucoup à déplorer. Les Objectifs du millénaire pour le développement ne sont pas atteints. Les auteurs de l’étude fustigent le fait que les ménages supportent 73 % de la dépense en éducation. A ce sujet, le professeur Bohindo a au cours du débat suscité par cette étude, enfoncé le clou. Il a épinglé la crise qui persiste dans le secteur. Il y a de plus en plus des enfants finalistes de l’école primaire qui ne savent pas lire et écrire correctement en français, notre langue officielle, et dans nos quatre langues maternelles. Ces répercussions sont ressenties dans l’enseignement secondaire et supérieur. Si cette dégradation dans le secteur persiste, a prévenu le professeur Bohindo, la RDC pourrait importer dans les années à venir, la main-d’œuvre qualifiée. L’éducation étant le levier du développement, il faudrait que le gouvernement prenne la mesure des enjeux importants qui se profilent à l’horizon.

Les experts de la Banque mondiale ont également noté d’autre part que les défaillances du processus d’exécution de la dépense publique en RDC, réduisent le taux d’exécution. Ils ont illustré ce problème par une des conséquences du recours abusif aux dépenses d’urgence qui est le non respect des plafonds alloués par le plan d’engagement budgétaire. Et chose beaucoup plus grave, les faiblesses systémiques au niveau du budget en général se reflètent sur l’exécution au niveau des secteurs. Aussi l’étude a relevé le fait que le manque de cadre de coordination des actions des partenaires techniques et financiers réduit l’efficacité de l’aide internationale. Il en est de même pour les manque de régularité dans la production des rapports budgétaires et leur faible qualité affectent aussi l’exécution des budgets en cours et l’élaboration des budgets futurs.

 

Des études plus approfondies souhaitées

 

Dans le secteur de passation des marchés, il est fait état des dysfonctionnements dans le processus qui contribuent à la réduction du taux d’exécution des programmes et aux défaillances sectorielles. En l’occurrence, la régulation trimestrielle des dépenses donne souvent lieu aux arbitrages sans fondement légal au détriment des titulaires des marchés dûment engagés.

Quant aux transports routiers, les investissements de l’Etat dans le réseau routier restent en dessous du minimum, notamment dans le réseau interurbain. Et le secteur routier souffre d’inefficacité et d’inefficiences majeures, en partie dues aux dysfonctionnements du processus de passation des marchés. Autre critique, le Foner ne joue pas son rôle dans le financement de l’entretien et réduit l’efficacité et l’efficience de l’Etat dans le secteur. Ce qui cause des préjudices importants au niveau des transports et de l’agriculture, et suscite de nombreuses critiques.

J.R.T.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •