La question que tout le monde se pose : RVA, où est passé l’argent ?

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Personne ne s’y attendait. Lors du dernier Conseil des Ministres tenu il y a quarante-huit heures, le Président de la République a instruit le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, de faire diligenter une enquête judiciaire sur la mégestion et l’incapacité de la direction générale de la RVA de garantir le paiement des salaires des agents de cette entreprise.

            Sur l’avenue Kabinda où seuls les dirigeants se présentent, c’est la consternation, alors qu’à travers la Ville et à Kin-Aéro particulièrement, c’est la joie qui s’exprime.

            On va enfin connaître la vérité, clame-t-on de toutes parts. Cette vérité qui tue comme on l’a vu du temps de Pilate avec le Seigneur Jésus, crucifié pour avoir refusé de renier la parole.

Depuis l’arrivée de la pandémie de coronavirus sur nos terres, la Régie des Voies Aériennes est effectivement par terre. C’est vrai, parce que les frontières sont fermées et rares sont les avions qui sillonnent notre ciel, à titre exceptionnel du reste.

            Mais le fait aujourd’hui de connaître ce passage à vide ne devrait pas être un motif suffisant pour se désengager de ses responsabilités. Car la RVA, ce ne sont pas seulement les droits d’atterrissage, de parking et de décollage, mais c’est aussi douze ans de GO PASS dont personne ne connaît le véritable usage.

            Chaque fois que des voix se sont élevées pour contester cette taxe que les voyageurs estimaient injustifiable, il nous a toujours été dit que l’argent de Go Pass était destiné à la modernisation des installations aéroportuaires. Ici, poser la question, c’est en même temps y répondre.

            En matière d’infrastructures aéroportuaires, notre pays occupe la queue du peloton. Soixante ans bientôt après l’indépendance, nos aéroports y compris celui de Kinshasa la capitale, sont des monopistes et leurs installations ressemblent plus à des hangars qu’à de véritables portes d’entrée d’un Etat.

Puisque rien n’a été entrepris, la logique veut que l’argent dorme dans les comptes ou, à tout le moins, qu’il soit placé pour produire des intérêts dans la perspective d’un investissement futur.

            Ainsi donc, lorsqu’un événement imprévisible comme le coronavirus se produit et provoque l’arrêt des activités essentielles pendant quelques semaines ou quelques mois, la logique veut que l’entreprise recoure à ce matelas de devises endormies ou placées pour résoudre la crise somme toute passagère.

            Mais qu’entendons-nous ? L’entreprise est dans l’incapacité d’agir. Là, surgit naturellement une autre question et une bonne question : où est donc passé l’argent ? Le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Tunda ya Kasende, est chargé d’éclairer le Président de la République et la nation tout entière au terme de l’enquête qu’il lui a été demandé de diligenter. Le devoir de redevabilité passe par là.L.P.

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