LA PROBLEMATIQUE DE LA DEFENSE NATIONALE FACE A LA RESTRUCTURATION DES FORCES ARMEES DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

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Le Président de la République et Commandant Suprême des Forces Armées, Son Excellence Monsieur Félix TSHISEKEDI a été élu au terme des élections du 30 décembre 2018.

Durant la campagne électorale, le futur Président a rendu public son programme de bonne gouvernance devant les militants et d’autres personnalités venus pour l’écouter le 15 août 2018 à l’hôtel Béatrice.

                  Nous avons été heureux de constater que durant son intervention, un accent particulier a été mis sur les réformes dans le domaine de la Défense Nationale.

                  Le Président de la République a souhaité que la République Démocratique du Congo soit dotée d’une politique claire et opérationnelle en matière de l’ordre public, afin d’instaurer la paix et la stabilité, qui sont des préalables à l’administration de l’ensemble du territoire national en vue de son développement.

                  Effectivement, la République Démocratique du Congo est un vaste territoire situé au cœur du continent africain, avec ses 2.345.000 km² et 9.165 km de frontière (9 pays limitrophes) notre pays doit obligatoirement disposer d’une véritable Armée de dissuasion pour permettre un développement harmonieux, assurer la paix et la protection de sa population.    

                  Dans les circonstances actuelles le développement du pays dépendra de la mise sur pied d’une bonne Armée pour inciter la venue massive des investisseurs avec de l’argent propre et pour créer des emplois pour les jeunes à travers le pays.

                  THAMBWE MWAMBA, Ministre des Affaires Etrangères du gouvernement MUZITO, ne disait-il pas : je cite « il n’y a pas d’Etat sans Armées » fin de citation.

                  Le Ministre faisait cette déclaration lors de la fin officielle de l’opération UMOJA WETU à GOMA. 

                  C’est un devoir sacré pour la République Démocratique du Congo de mettre dans les meilleurs délais une Armée crédible pour hisser cette grande nation dans le rang des pays émergents et reprendre son rôle de leadership dans la région.

                  La présence d’une Armée forte dans  la région des Grands Lacs aidera le développement harmonieux de tous les pays voisins et permettra également l’éradication des groupuscules mafieux qui naviguent autour des minerais.

Les Armées au Sud

du Sahara

                  Malgré le classement 2018 de puissances militaires africaines du site américain Global Fire Power (GFP) spécialisé dans la défense, qui maintient la République Démocratique du Congo dans le top 10 africain, trois pays du Sud du Sahara présentent des Armées bien structurées. Il s’agit de :

1. L’Angola ;

2. Le Nigéria

3. L’Afrique du Sud

                  Toujours au Sud du Sahara, la République du Tchad avec l’exploitation de son pétrole, vient de monter une Armée moderne, bien équipée et très mobile.

                  Lors des opérations militaires au Mali, le Tchad sollicité, a déplacé des troupes dans le désert sur une distance de plus de 2.000 km avec son propre charroi.

                  Tout récemment, le Tchad vient d’envoyer à la demande de G5, un Bataillon mécanisé au Nigéria pour combattre les insurgés de BOKO-HARAM qui sèment les désordres dans ce pays et chez ses voisins.

                  Il est intéressant de signaler que notre pays a formé et équipé deux bataillons commandos Tchadiens au Centre d’Entrainement de KOTA-KOLI. Ces deux bataillons constituent aujourd’hui l’ossature de l’Armée Tchadienne.

                  Nous apprenons par contre que le desséchement du lac Tchad, oblige ce pays de brandir des menaces en exigeant le transfert des eaux du fleuve Congo vers le lac Tchad.

                  Heureusement que la diplomatie prônée par le Président de la République veut que tout différend soit résolu par la voie pacifique, en évitant toute confrontation.

Situation actuelle de

nos Forces Armées

                  En 2009, le Ministre de la Défense Nationale qui présentait le projet de Loi, portant l’organisation et fonctionnement des Forces Armées à l’Assemblée Nationale, a estimé que l’armée traverse une situation critique suite aux multiples conflits armés connus par le pays. 

                  D’après lui, l’Armée congolaise est vieillissante et caractérisée notamment par le manque d’une politique claire et ordonnée d’acquisition et de maintenance des équipements, ainsi que par des carences profondes au niveau de l’instruction militaire, technique et morale.

                  Les FARDC, a-t-il laissé entendre disposent ainsi d’un matériel insuffisant, vétuste, obsolète et très souvent inadéquat.

                  A titre d’exemple : l’Organisation des Nations-Unies avait sollicité du Gouvernement de la République, l’envoi d’un détachement militaire d’environ un bataillon d’infanterie à Bangui en RCA pour des missions de maintien de l’ordre. Il a été constaté que le rendement de ces troupes n’était pas performant pour mener à bien leur mission. Le Commandement des casques bleus décidera le retrait pur et simple de ce détachement et son retour à Kinshasa.                     

                  L’incorporation au sein de l’Armée des Officiers et Sous-officiers venus de la rébellion est la cause principale de cette défaillance, car ces hommes n’avaient aucune formation militaire.

                  L’ancien Ministre de la Défense Nationale (Défunt MWANDO NSIMBA) avait proposé une réforme qui devrait s’étaler sur dix ans. Et pour cela, il faut absolument un budget conséquent.

                  Le Premier Ministre Bruno TSHIBALA a déposé au Parlement un projet de loi sur le budget de l’Etat pour l’exercice 2019. La rubrique réservée à la Défense Nationale et à la Sécurité du Territoire pour l’acquisition des équipements militaires et pour l’entrainement des troupes est insignifiante (dommage).  

La Restructuration des Forces Armées

                  En 2006, les programmes politiques faisaient déjà de la réforme du secteur de la sécurité une priorité.

                  Si jusqu’à présent, la situation sécuritaire à travers la République ne s’améliore pas. C’est qu’il y a un vrai problème stratégique à résoudre.

                  A mon avis, la restructuration des Forces Armées est une urgence et une nécessité.

                  Le Ministre de la Défense Nationale doit convoquer dans les meilleurs délais, les Etats généraux de l’Armée pour étudier en profondeur la mise sur pied d’une Armée Moderne et Professionnelle.

LA COOPERATION

MILITAIRE

1. Il est nécessaire et urgent de reprendre la coopération militaire suspendue avec la Belgique, pour assurer la formation des officiers (EFO) à Kananga.

2. Réhabiliter le Centre d’Entrainement Commandos de Kota-Koli pour reprendre l’entrainement des commandos. (C’est urgent).

3. Assurer la formation des officiers d’Etat-major au Centre Supérieur Militaire à Kinshasa (Envoyer les meilleurs officiers dans les Ecoles de Guerre Européennes ou Américaines) 

4. Assurer dès maintenant la formation des Troupes Aéroportées, de préférence à Kamina ou Kitona (contact à prendre avec la France ou Israël).

                  Réhabiliter les infrastructures sur place, car les deux grandes bases risquent de tomber en ruine.

5. Reprendre la coopération militaire avec les Etats-Unis d’Amérique pour le financement des équipements militaires et la formation des pilotes sur le C130 Hercule.

                  Les Etats-Unis, viennent de mettre gratuitement l’AFRICOM à la disposition des pays africains pour l’organisation des manœuvres conjointes et pour participer aux opérations contre les terroristes.

                  Ces Troupes aéroportées américaines se trouvent cantonnées provisoirement à Stuttgart en Allemagne, alors que l’AFRICOM devrait se trouver dans un pays Africains.

                  Jusqu’aujourd’hui, les quelques pays consultés hésitent à les accueillir pour des raisons purement politiques (dommage).

Les opérations militaires

à l’Est de la République

                  Dans la partie orientale du pays, il se passe des choses inacceptables, où les Groupes Armés opèrent en plein jour, tuant, violant, incendiant, malgré la présence des troupes des Nations-Unies et des FARDC, alors que l’implication des casques bleus (± 15.000 hommes) devrait normalement permettre l’éradication de ces bandits.

                  Après une analyse approfondie, il s’avère qu’il y a des complices dans les rangs des casques bleus et des FARDC qui coopèrent et facilitent des opérations des insurgés au Nord et au Sud-Kivu.

                  L’exploitation facile des ressources minières dans la zone, est la raison principale des échecs subis par nos troupes sur le terrain.

                  En voulant garder aussi trop longtemps des hommes de troupe sur le théâtre d’opération, les officiers et sous officiers deviennent par la force des choses, des commerçants ou des hommes d’affaires. L’argent devient leur principale mission pour s’enrichir plus facilement.

                  Il faut nécessairement relever tous ces militaires et les diriger dans un centre d’entrainement, pour leur mise en condition.

                  Les complices doivent être traduits devant le Conseil de Guerre, après une enquête bien sûr.   

                  Pour terminer, je voudrais vous informer que la même situation se présente au Ministère des Affaires Etrangères où les diplomates restent trop longtemps en poste.

                  Ayant été moi-même Ambassadeur, je sais ce que je raconte. Il y a aujourd’hui en poste diplomatique, des diplomates qui totalisent plus de quarante ans ou plus. Sûrement ces diplomates ne travaillent plus pour la République Démocratique du Congo. Les enfants et les petits-enfants nés en poste diplomatique ne connaissent pas l’histoire de la République Démocratique du Congo.

                  Ils sont aussi devenus des hommes d’affaires ou des commerçants, pourquoi pas des marabouts.

                  Le Président de la République a donné son mot d’ordre : « plus rien ne sera plus comme avant ».

Général e.r MALU-

 MALU DIANDA

Ambassadeur

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