La presse congolaise au bord de la rupture

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La journée mondiale de la liberté de presse, la 28me de la série, était marquée, hier dimanche 03 mai 2020, par une morosité totale dans les maisons de presse écrite et audiovisuelle congolaises. Hormis la satisfaction, pour les professionnels congolais des médias, de vivre dans un environnement où la peur de la mort et de la prison a cédé le pas à plus de sécurité, de liberté et d’indépendance dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information, un « ennemi invisible » s’est invité au tableau : le coronavirus.

            Celui-ci menace non pas la liberté d’informer mais plutôt l’existence même des organes de presse et la profession de journaliste en République Démocratique du Congo. En effet, la paralysie quasi-totale des activités économiques et commerciales ainsi que des mouvements des personnes et des biens est un coup dur pour la survie des médias congolais, déjà contraints de vivre dans la précarité financière depuis des décennies.

            Les annonceurs ont fermé boutique. Quant aux consommateurs des produits comme les journaux, ils ont supprimé la rubrique de la lecture « payée » au profit de leur propre survie au quotidien. C’est la sécheresse dans les trésoreries déjà précaires des organes de presse, avec risque de fermeture, à plus ou moins brève échéance, et renvoi des milliers des professionnels des médias et assimilés au chômage.

            Un geste salvateur est impatiemment attendu du gouvernement, en termes d’appuis financiers et logistiques à une presse congolaise à genoux. Quand ils apprennent qu’il y a des allégements fiscaux et douaniers en faveur des opérateurs économiques que les factures d’eau et d’électricité sont prises en charge par le trésor public pour deux mois à Kinshasa que les dettes des malades pris en otage dans les hôpitaux publics pour insolvabilité vont être payées par le gouvernement, les responsables des maisons de presse et leurs employés ne peuvent qu’attendre une bouée de sauvetage des décideurs politiques.

            S’il est reconnu que la communication constitue une des armes décisives pour gagner la bataille de la vulgarisation des mesures préventives de la chaine de transmission du coronavirus, cela signifie que les médias ont rôle social de premier plan à jouer dans la sensibilisation d’une population congolaise où la tendance à la banalisation du fléau est très forte.

            Quel va être le sort du pays si, un beau matin, journaux, télévisions et radios cessaient de fonctionner, pour laisser l’espace aux fameux « réseaux sociaux », dont aucun décideur politique n’ignore le haut degré de nocivité en termes de « fake news », mais aussi aux commérages, à l’intoxication, aux clichés négatifs sur la présumée utilisation, par le nouveau pouvoir, du Covid-19 comme fond de commerce.

            Nous osons croire que chacun est en train de constater la faillite non déclarée de nombreux médias écrits et audiovisuels, au fur et à mesure de la prolongation de l’état d’urgence et partant de la cessation des activités économiques et commerciales au pays. Le cri d’alarme est lancé en direction de qui de droit. Kimp

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