La pré-campagne électorale se passe mal

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La plupart des partis politiques congolais se sont lancés depuis le début de cette année, et même bien avant cela, dans une campagne électorale qui ne dit pas son nom. C’est une sorte de pré-campagne avec toutes ses caractéristiques. Le coup d’envoi n’était pas donné par la CEI, ni la CENI, comme il fallait s’y attendre, mais par une formation politique qui se reconnaît les faveurs des suffrages de la majorité de notre population.

Meeting par-ci, installation des comités fédéraux et mise en place des organisations des jeunes et des mamans par-là. Dans leurs harangues, les cadres politiques ne délivrent qu’un seul message qui ne trompe pas et qui saute aux yeux. Tous ne jurent plus que par la victoire de leurs candidats à l’élection présidentielle. Ils refusent même l’échec aux urnes, tout en se réclamant de démocrates doublés des légalistes respectueux des textes de lois.
C’est de là qu’est partie toute la confusion qui règne aujourd’hui.

Par crainte d’accumuler le retard, d’autres formations politiques leur ont emboîté le pas et se sont lancées dans la bataille. On laisse faire, notent les observateurs qui établissent qu’il est clair que l’interdiction de l’organisation de la campagne électorale n’a pas encore été signifiée aux uns et aux autres. On est dans cette confusion qui profite aux leaders politiques « très entreprenants » et qui disposent par cette «  tricherie » condamnable, d’une longueur d’avance sur leurs adversaires.

 

L’exemple, dit-on, est venu de Kinshasa. Il est malheureusement suivi dans toutes les provinces. Il suffit d’être dans les sillages de gouverneurs pour se rendre compte qu’on est en plein dans la campagne électorale. Distribution des T-shirts avec effigies, banderoles déployées, des affiches géantes brandies et avec des consignes formelles de vote. Et même, un per diem offert aux militants réguliers à toutes les manifestations politiques. Les chômeurs en quête d’emplois, ne trouvent pas mieux que d’abandonner momentanément les démarches pour pouvoir bénéficier de ces libéralités.

Stop aux discours incendiaires, injures et quolibets

Le matraquage politique fourni à l’opinion nationale est presque quotidien, au point que le discours frise la routine et la vulgarité. Pas des débats d’idées, ni d’argumentaires solides  sur des projets de société, mais des attaques ouvertes contre les adversaires politiques. Et au moment où on s’y attend le moins, ce discours verse déjà dans les injures et les quolibets. A l’analyse, on relève que la présente campagne électorale est alimentée par des discours incendiaires, des harangues sur fond de diabolisation, des propos belliqueux frisant l’exclusion. Tous les matériaux d’incitation à la haine sont mis à profit. Et les ingrédients d’un cocktail détonant sont apportés à la solution.
Or, une chose est certaine, à force d’entretenir et d’alimenter constamment cette campagne de diabolisation, l’on oublie que l’on enflamme dangereusement les foules et on les dresse contre les adversaires politiques désignés. La tension monte lentement, mais sûrement. Il suffira un jour, d’une étincelle à la mèche pour voir le feu prendre à l’édifice.
En somme, le décor d’un conflit larvé est planté. Il va sans doute se raviver lors de la grande campagne électorale. Car,  tous les politiciens friands des confrontations, concourent à ce climat d’insécurité susceptible d’ébranler la stabilité précaire de nos institutions et la paix chèrement acquise.
Qu’on se le dise ! Quand on attise le feu avec des harangues à l’odeur de soufre, personne n’y prête garde. Personne ne réagit pour prévenir le danger. L’autorité chargée d’encadrer les activités politiques et de veiller à la coexistence pacifique entre formations politiques, a certainement ses préoccupations ailleurs.

Quand la case va brûler, ne cherchons pas le sorcier jeteur de mauvais sort dans les étrangers qui nous fréquentent, il est parmi nous. Les politiciens pyromanes qui ne craignent pas de sinistres, s’affichent déjà sans vergogne, ni retenue. 
Il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’aucune institution de régulation n’a attiré jusqu’ici l’attention des partis politiques sur cette violation de la loi et sur tant des dérives. N’attendons pas de chercher de l’eau quand la case aura pris feu.
Il faut que d’ores et déjà, que les partis politiques aujourd’hui embarqués dans la pré-campagne parviennent à discipliner leurs militants. C’est aussi le lieu d’organiser des sessions de formation visant la tolérance, la coexistence pacifique et la cohésion nationale avant les élections.
C’est à ce prix que nous aurons des élections apaisées qui se dérouleront dans la quiétude et la sérénité.

                                                 J.R.T.

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