La participation politique de la femme : mesures contraignantes par le gouvernement

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Une année après la tenue des scrutins présidentiel, législatifs
nationaux et provinciaux en République Démocratique du Congo, l’heure
est à l’évaluation. Au cours d’une conférence de presse animée par les
femmes de la société civile, le mardi 24 décembre 2019 au Cenadep, Me
Gabrielle Pero, chargée du genre et  droits humains au sein du Centre
National  d’Appui au Développement et Participation Populaire
(CENADEP) et chargée du programme Mines au Forum des Femmes pour la
Gouvernances des Ressources Naturelles, elle a exhorté ses consœurs à
se réveiller afin d’augmenter le taux de leur participation dans la
politique.
Selon les taux de participation aux scrutins, les femmes sont plus
nombreuses que les hommes mais ce sont ces derniers qui sont le plus
élus. Me Gabrielle Pero estime que la responsabilité incombe aux
partis politiques, dont les chefs préfèrent aligner plus d’hommes que
de femmes dans la course aux mandats électifs. Aussi a-t-elle invité
les chefs des partis politiques à faire confiance à leurs cadres
féminins.
        Pour changer la donne, la société civile pense que le gouvernement
devrait mette en œuvre des mesures contraignantes, par exemple des
quotas spécifiquement réservés aux femmes mais aussi le
conditionnement de la recevabilité des listes des candidats par le
respect du principe de la parité.
        Elle a épinglé aussi certains tabous culturels qui interdisent aux
femmes de parler devant les hommes, alors qu’elles fréquentent les
mêmes écoles qu’eux et les mêmes enseignants.
« Vous avez promulgué la loi sur la parité, mais il n’y a pas de
mesure d’accompagnement. Donc, c’est au gouvernement de faire en sorte
que le principe de la parité soit respecté, surtout que les femmes
constituent 52% de la population congolaise. Comment développer un
pays sans la majorité ? »
Maitre Pero a terminé son adresse en lançant un message particulier
aux leaders d’opinions et d’organisations de la société civile afin
qu’ils fassent en sorte que la population soutienne la femme. Selon
elle, « c’est le même travail qui doit être mené pour la participation
politique de la femme en RDC. La société, les parents, les maris, les
amis doivent laisser leurs femmes et filles qui ont des potentialités
de se lancer dans la politique. Mettre de côté les stéréotypes
culturels, bref que tout le monde fasse confiance à la femme, il ne
faut pas lui dire que si tu fais la politique, bako bala te, tu seras
une fille impolie, etc. ».

Dorcas Nsomue

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