La lutte contre  l’exploitation illégale des ressources naturelles en RDC : triste constat des experts de la CIRGL

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Il s’est ouvert hier lundi 25 avril 2022 à Kinshasa la 24ème réunion du comité régional de la CIRGL (Conférence Internationale sur la Paix et la Sécurité dans la Région des Grands Lacs) pour la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, un des facteurs responsables de l’insécurité et des conflits endémiques au niveau de la région.

 Pour l’éradiquer définitivement, un protocole entre Etats membres de la CIRGL avait été signé dans lequel ils avaient pris des engagements visant à mettre en place un cadre légal pour combattre l’exploitation illégale des ressources naturelles et à prendre des mesures efficaces afin que les auteurs soient poursuivis et punis. L’objectif visé est  de briser le lien entre les recettes minières et le financement des rebelles.

            Au cours de la 24ème réunion qui s’est ouverte hier et qui va se clôturer le 28 avril, les experts de la région vont faire un état des lieux de la mise en œuvre des feuilles de route  nationales pour les six outils de l’Initiative régionale de lutte contre l’exploitation illégales des ressources naturelles dans leurs Etats respectifs depuis la dernière réunion tenue le 23 octobre 2021.  Il est prévu aussi des mises à jour par le secrétariat du comité régional de la CIRGL par rapport à la mise œuvre de l’initiative régionale de lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles au niveau régional.  Par ailleurs, les participants vont planifier la mise en œuvre des recommandations de la 6ème réunion des ministres en charge des Mines tenue virtuellement le 29 novembre 2021.

Lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles : la RDC sacrée bon élève

Au  regard de recommandations formulées dans le cadre de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, le Coordonnateur National Adjoint de la CIRGL en RDC, Mutombo Kaniki, a indiqué que la RDC  demeure le meilleur élève dans les efforts de mise en œuvre des 6 outils de l’Initiative régionale de lutte contre l’exploitation illégales des ressources nationales. A titre d’exemple, renseigne-t-il, la RDC est en plein processus de domestication dans son arsenal juridique. Il y a des nouvelles dispositions au niveau du mécanisme régional de certification, notamment celles ayant trait au nouveau statut bleu des sites d’exploitation minière.

            Malheureusement, a déploré le Coordonnateur National Adjoint de la CIRGL en RDC, la majorité des Etats membres de la CIRGL n’arrivent pas à effectuer le premier pas à ce propos. Par ailleurs, malgré les efforts consentis par comité régional de la CIRGL sur les questions liées à l’exploitation illégale  des ressources naturelles, Mutombo Kaniki indique que des voix s’élèvent pour dénoncer la faible performance  de la CIRGL au motif que les guerres sanglantes incessantes, la fraude et la contrebande des ressources naturelles, l’absence de coopération sincère entre les Etats membres… continuent à imposer leurs lois dans la région. 

            « … Comment comprendre que 16 ans après la création de notre organisation, les 12 Etats membres sont toujours incapables de mettre un terme aux groupes armées nationaux et étrangers qui sèment la mort et la désolation dans le chef des paisibles populations  dans certaines zones de la région ? A l’est de notre pays la RDC, l’activisme de plusieurs groupes armés  persistent et pèsent lourdement sur la mise en œuvre d’une traçabilité responsable de nos minerais. Malheureusement, le manque de synergie nationale pour éradiquer ce fléau donne de la matière à tous ceux qui chantent jour et nuit le recueillement, mieux la disparition de la CIRGL », a déploré le Coordonnateur National Adjoint de la CIRGL en RDC.

            De son coté, Annick Makolet, présidente du comité régional de la CIRGL, a exhorté les participants de s’appliquer pendant ces assises en prenant part aux discussions afin que les prochaines recommandations qui en découleront soient véritablement appliquées.  Elle a renseigné que les recommandations issues de ces travaux seront soumises aux Etats membres de la CIRGL pour approbation et mise en exécution.  

Mines : la RDC sur la voie de la bonne gouvernance

            La ministre des Mines, Antoinette N’samba a,  avant de lancer  officiellement ces assises, souligné le fait que l’avancement  de la mise en œuvre des six (6) outils pour lutter contre l’exploitation illégale des ressources naturelles en RDC,  concorde  avec la vision du Chef de l’Etat de la RDC, à savoir: améliorer la bonne gouvernance du secteur minier afin que ses retombées profitent davantage aux Congolais et contribuent à l’émergence d’une classe moyenne dans les zones d’exploitation minière.

            Par ailleurs, indique- t-elle,  la RDC voudrait également prioriser l’organisation des Marchés locaux sous forme des Centres de négoce en vue d’encourager les investisseurs à s’y approvisionner et en outre, d’encourager l’implantation des Entités de traitement locales.  Au-delà de ces efforts, la préoccupation qui reste pendante pour la RDC mon pays, souligne la ministre des mines,  est de savoir pourquoi une mise en œuvre à géométrie variable de six outils de l’IRRN, particulièrement du MRC  dans nos Etats Membres.  « A titre d’exemple, alors que pour certains Etats, la maîtrise de la traçabilité des minerais concerne tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement et ce, du Puits d’extraction en passant par les Centres de négoces, les Comptoirs, les Entités de traitement, les exportateurs jusqu’aux consommateurs finaux, pour d’autres, la traçabilité débute au niveau des entités de traitement jusqu’aux mêmes consommateurs finaux. Et, pour d’autres encore, les exportations des minerais désignés (cassitérite, wolframite, coltan et or) se font sans aucun certificat CIRGL », a-t-elle fait constater.

            Au-delà de tout, elle a exprimé le vœu de voir cette réunion aboutir afin que les objectifs assignés soient atteints.

Perside Diawaku

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