La Loi, les «Kuluna» et la République

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KulunaJPGOù va la République Démocratique du Congo ? C’est la question, non sans pertinence, que nombre de compatriotes se posent au regard de la recrudescence de la violence qui s’observe à travers le pays, singulièrement dans les grands centres d’activités.

Parti de Kinshasa dans quelques quartiers avant de se répandre à travers toutes les communes de la capitale, le phénomène «Kuluna» est en train de se généraliser sur l’ensemble du territoire national. Ce, au vu et au su des autorités qui donnent l’impression d’assister indifférentes à cette violence sauvage aux conséquences incalculables.

 A titre d’exemple, après Kinshasa où ces hors-la loi font régner la terreur en troublant au quotidien la quiétude des Kinois, le phénomène a causé également des dégâts à Mbandaka sous l’instrumentalisation de l’ancien gouverneur Jean Claude Baende en marge de la campagne électorale pendant des moments chauds, chaque fois que son fauteuil était menacé par l’opposition, quelle que soit la légalité de la démarche. Ce qui lui avait valu un procès à la Cour suprême de justice.

C’était aussi le cas à Matadi avec l’ex-gouverneur du Bas-Congo Deo Nkusu lors de la campagne pour l’élection du gouverneur et vice-gouverneur de province en remplacement de Simon Floribert Mbatshi Batsha, élu député national.

Il importe de rappeler que Deo Nkusu qui fut vice-gouverneur de Simon Mbatshi Batsha élu en février 2007, assumait l’intérim de ce dernier contraint par la loi de démissionner de ses fonctions de chef de l’exécutif provincial à la faveur de son élection comme député national.

Il n’y a pas que ces trois provinces où la violence s’abat au détriment de la quiétude populaire. Le phénomène s’observe également dans d’autres provinces.

 C’est le cas au Katanga où certaines formations politiques ont des milices qu’elles instrumentalisent, de temps en temps, dans le but d’intimider les adversaires pour qu’ils se résignent en leur abandonnant le terrain.

Hormis des échauffourées entre politiciens qui sont monnaie courante dans la province cuprifère, ces milices s’étaient même permis le luxe de bloquer un ministre du gouvernement central en mission au Katanga. Edouard Kabukapwa alors ministre central en charge des Affaires foncières, car c’est de lui qu’il s’agit, était condamné à s’enfermer dans sa chambre d’hôtel par crainte de violences sauvages à l’extérieur.

La question avait suscité des commentaires en sens divers, surtout devant le silence de Kinshasa qui avait assisté impuissant à ces actes de défi menés par une milice à l’endroit de l’Etat.

Les autorités sont-elles redevables vis-à-vis des « Kuluna » ?

 A l’analyse des événements, des observateurs avertis trouvent que les gestionnaires des affaires publiques ont une grande part de responsabilité dans ces violences qui se répandent aujourd’hui à travers le pays.

Cela s’explique par le fait que certains d’entre eux ont eu à recourir à ces hors-la loi en misant sur leurs biceps pour soit régler des comptes aux adversaires politiques, soit les intimider pour qu’ils leur laissent le terrain.

 On l’a vécu, ici dans la capitale, lors de la campagne électorale pour les législatives nationales et la présidentielle de 2011 où on voyait des agents commis à la sécurisation des personnes et de leurs biens, cohabiter sans le moindre couac du monde avec des « kuluna » tenant des machettes en mains.

Le phénomène avait tellement pris de l’ampleur que des autorités politico-administratives recouraient aux mêmes malfrats opérant avec des armes blanches pour contrer la marche des opposants en plein jour sur le boulevard du 30 juin.

Est-ce les utilisateurs de cette « main d’œuvre nuisible » sont-elles redevables vis-à-vis de leurs «clients» ? Ont-ils signé des pactes qui font qu’ils sont devenus aujourd’hui incapables de les sanctionner ou d’arrêter le phénomène ? Pourquoi l’Etat doit-il assister impuissant à la propagation de cette gangrène dite « kuluna » ?

Ces questions que se pose l’opinion valent la peine, aussi longtemps que l’Etat détenteur de la force dissuasive n’aura pas pris ses responsabilités pour mettre définitivement fin à ces violences, en imposant son autorité face à quiconque tenterait de troubler l’ordre public et la quiétude de la population.

Dom  

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