La loi électorale menacée par les indemnités de sortie des députés

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Recalée hier à l’Assemblée Nationale à la suite d’une motion de procédure soulevée par le député Gilbert Kiakwama, la mouture actualisée de la Loi Electorale risque de ne pas être discutée en plénière ce mercredi 11 mai 2011, comme convenu, ni avant longtemps. En effet, des nouvelles alarmantes en circulation dans les salons huppés de la « Ville haute » font état de la détermination de bloquer le débat autour de ce texte tant que ne seraient pas libérées leurs « indemnités de sortie ». Vous avez bien lu : « Indemnités de sortie » !

Afin d’empêcher la tenue d’une plénière de nature à conduire au débat de fond et, plus tard, à l’adoption article par article, selon les usages parlementaires en vigueur, il a été décidé, en coulisses, de tout faire pour ne pas réunir un quorum de décision. Concrètement, la liste des présences est étroitement surveillée, de manière à placer, le moment venu, le Bureau de l’Assemblée Nationale dans l’obligation de postposer la plénière.

Selon les architectes de cette stratégie, à laquelle ont adhéré massivement les députés, toutes tendances confondues, La Loi Electorale reste l’unique matière sensible à traiter par les deux chambres du Parlement. Elle s’impose, naturellement, comme l’unique instrument de chantage capable de mettre le gouvernement à genoux avant la fin de la session en cours, la dernière de cette législature.

Les élus du peuple craignent qu’après le 15 juin 2011, date de la clôture de cette session, l’Exécutif national ne verse le dossier de leurs indemnités de sortie dans le contentieux de la dette intérieure, comme c’est le cas pour les « dignitaires du HCR-PT » issu de la Conférence Nationale Souveraine sous Mobutu et de ceux du « Parlement »/AFDL de feu Mzee Laurent Désiré Kabila.
Il se raconte, dans plusieurs cercles politiques, que le mobile inavoué de l’absentéisme généralisé des députés est à chercher dans l’incertitude du paiement de leurs décomptes finals.

Les élus du peuple ont compris, indique-t-on, que leur dernière bouée de sauvetage reste la présente session. Après le 15 juin 2011, leurs titres et fonctions ainsi que leurs immunités risquent de ne plus peser dans la balance, face aux membres de l’exécutif chargés de gérer le dossier de leurs indemnités de sortie.
Au niveau de l’opinion publique congolaise, cependant  l’on n’apprécie pas du tout les « prolongations » que les députés s’apprêtent à faire jouer à la Loi Electorale. Tout en reconnaissant aux députés le droit légitime de jouir de leurs décomptes finals, d’aucuns pensent que ces avantages financiers ne devraient pas hypothéquer le droit du grand nombre d’aller aux urnes. C’est dans cette optique que des concitoyens demandent aux compatriotes qui siègent à l’Assemblée Nationale de ne pas sacrifier l’avenir de toute une Nation sur l’autel des espèces sonnantes et trébuchantes.

Pour beaucoup, les députés nationaux ont là l’occasion de démontrer à tous qu’ils sont allés à la Chambre basse du Parlement non pas pour leurs profits personnels, comme le laisse penser la menace de boycott de la Loi Electorale, mais pour servir la cause de la patrie. Pour le cas d’espèce, il est recommandé aux honorables députés de se faire violence face à la lourde responsabilité de l’échec du processus électoral qui risque de leur être imputée.
A partir de ce mercredi 11 mai 2011, la Nation tout entière va être tout yeux et tout oreilles pour le Palais du Peuple, afin de chercher à savoir si les députés ont réellement adopté la malheureuse résolution d’arrêter la marche de notre démocratie naissante, à cause de l’argent.

                                    Kimp

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