La femme rurale connaît-elle ses droits ?

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Il sera célébré demain, le 8 mars  en Rd Congo comme à travers le monde la journée internationale  consacrée à  la femme. Le thème choisi  cette année en Rd Congo  met  au devant de la scène le travail abattu par la femme  et la jeune fille en milieu rural. Ce, en vue d’accroitre leurs rendements, leur productivité, aider à la visibilité de leurs contributions à l’économie domestique et du marché, afin de renforcer les capacités de celles-ci dans tous les domaines.

Cependant,  outre la théâtralisation et un mercantilisme institutionnel avec pour conséquence la gué-guerre entre le pagne à motif officiel et ceux pirates fabriqués par tous les hommes d’affaires véreux et fiers d’exploiter cette  journée, la véritable question demeure celle  de savoir que pense la femme  elle-même de conditions de vie. Devenue une ritournelle, les observateurs avertis s’accordent à dire qu’en Rd Congo, cette fête se déroule sans une évaluation rigoureuse  de progrès accomplis par le thème de chaque année et ce qui doit être fait. Car, il ne faut pas seulement un thème pour que les choses ses passent comme sur un patin à roulette».

Aussi interpellateur et évocateur, le thème de cette année  met en lumière les conditions de vie pénibles  de la femme et de la jeune fille en milieu rural. La question cruciale reste celle de savoir si  on a pris soin au préalable de comprendre les attentes et souhaits de  cette femme ou cette jeune fille avant de lui consacrer  ce thème. Car, dans un milieu où la jeune fille n’a pas accès à l’éducation au même titre que son frère à cause de plusieurs pesanteurs d’ordre culturel ou par égoïsme du mâle ;  un milieu où les femmes et  jeunes filles ne sont cantonnées que pour de travaux champêtre et de ménage.

 D’où les jeunes filles continuent  à être brimées, elles sont pour la plupart de cas données en mariage sans consentement, en violation du droit. Car, si dans le milieu urbain, l’accès à l’éducation, au travail, à l’émulation tant social, politique, religieux et autres restent  un épineux problème, combien à plus forte raison pour celle  qui n’est même pas instruite et ne peut pas comprendre  ses droits et ses obligations ?  Est-ce par un effet de mode que  de vouloir consacrer à la femme et la jeune fille rurale cette journée pour se faire bonne conscience ?

Alors qu’en réalité  celle-ci vit dans un analphabétisme et un  illettrisme du type médiéval. Parce que là où il y’a encore un semblant d’école, les parents préfèrent envoyer les garçons à l’école plutôt que leur sœurs qui sont d’ores et déjà condamnées par leurs conditions féminine. Bien que partie majoritaire de la population congolaise, peut-on aujourd’hui en toute indépendance évaluer les progrès de la femme et la jeune fille au-delà du folklore  qui passe désormais au devant d’une analyse froide et responsable? Certes, les progrès ont été accomplis, mais cela reste dans de proportions très négligeables  par rapport à l’apport  de la  femme tous les jours. Sur le plan politique, bien que consacrée par la constitution, la parité homme-femme dans l’accès aux postes de responsabilité et au pouvoir économique reste embryonnaire. Pour preuve, dans toutes les institutions de la République les femmes sont sous représentées et les dernières élections sont éloquentes.

Ainsi, doit-on continuer à célébrer avec faste cette journée devenue une journée d’apparat en lieu et place de structures capables de promouvoir et plaider pour  cette femme ou jeune fille. La mercatilisation est telle que dans certaines écoles on exige à tous les élèves, tous les sexes confondus l’achat du pagne, ce qui n’avance pas véritablement la cause de la femme.
Il faut plutôt,  pensent certains observateurs, donner à cette femme le pouvoir tant économique que social pour agir. D’autre part, il faut vulgariser dans la mesure du possible les textes de lois afin que tous les Congolais comprennent les tenants et les aboutissants de la loi. Faire autrement, c’est une parodie que d’organiser les journées répétées de la femme sans véritablement l’associer, surtout celle que l’on célèbre cette année.

A.Vungbo

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