La DGDA en deuil : Deo RUGWIZA MAGERA, un cas d’école

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Les cadres et agents de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), dont ceux affectés à la Direction générale et Kin-ville ne fréquentent le service, à cause du confinement de la commune de la Gombe, ont appris tôt le matin d’hier mercredi 15 avril 2020, une nouvelle glaciale, celle du décès de leur Directeur général Deo Rigwiza Magera.

            Il a rendu l’âme à l’hôpital Ngaliema Center, et son corps est gardé à la morgue de l’hôpital du Cinquantenaire.

Un modèle de manager s’en est allé

            Propulsé à la tête de l’Office des Douanes et Accises (OFIDA) en août 2005 à la faveur du partage des postes de responsabilité entre les différentes composantes et entités signataires de l’Accord sanctionnant la fin du Dialogue inter-congolais de Sun City, Deo Rugwiza qui représentait le RCD/Goma a pu convaincre les douaniers de son esprit managérial dans la gestion des affaires publiques.

            Sa rigueur dans la gestion grâce à la mise en place des mécanismes de contrôle en vue de lutter contre la fraude, l’amélioration des conditions de travail et salariales, son humanisme envers les travailleurs, tout cela avait fini par faire de Rugwiza un modèle de gestionnaire apprécié des douaniers. Ce qui fait que les douaniers gardaient toujours de lui, malgré sa longévité à la tête de la douane nationale, l’image d’un mandataire public intègre et compétent.

            La mutation de l’OFIDA en DGDA (Direction Générale des Douanes et Accises), due à la transformation des entreprises publiques de l’État en sociétés commerciales, s’est déroulée durant son règne. Et la douane compte parmi les rares établissements publics dont la transformation en entreprises commerciales décidée par le gouvernement n’a pas fait trop de dégâts.

            Parmi les grandes réalisations à son actif, on retient entre autres l’informatisation de la douane congolaise. Des programmes informatiques de gestion douanière ont été ainsi mis en oeuvre en vue de se conformer aux recommandations de l’organisation mondiale de la douane, OMD. Le plus grand avantage de l’informatisation est la lutte contre la fraude et toutes autres formes d’antivaleurs à la base de l’évasion des recettes dues au trésor.

Dans le même cadre de la lutte contre la fraude, la DGDA sous Deo Rugwiza a réussi à mettre sur pied un programme de suivi des marchandises du point de départ à celui d’arrivée. Les conducteurs avec les marchandises sont désormais pris en charge grâce aux scellés électroniques tout au long du parcours, empêchant ainsi toute sorte de manœuvres auxquelles ils s’adonnaient il y a peu en cours de route.

            Quant à la gestion du personnel, durant le règne de Deo Rugwiza, on n’a pas connu de grèves ou autres types des tensions sociales opposant les employés à l’employeur. Un véritable dialogue social était instauré.

            Les salaires des douaniers ont été sensiblement améliorés et adaptés à la conjoncture. Des centres de santé ont été construits et réhabilités dans toutes les régions douanières, le charroi automobile renouvelé, la promotion en grade devenue régulière, etc.

            Voilà ce qui fait de l’illustre disparu un cas d’école. Mention rarement reconnue aux Congolais dans la gestion des affaires publiques. Léon Kendo, alors premier ministre, l’avait reconnu à l’ex-DG de l’ONATRA  Mbelolo pour avoir redressé l’entreprise aux lendemains des pillages de 1991 et 1993.

            On rappelle qu’avant de venir à l’ex-Ofida, Deo Rugwiza Magera fut directeur de cabinet du Portefeuille qui revenait à sa composante politique, le RCD/Goma.

            Le vide que laisse Deo Rugwiza Magera, en sa qualité de bon gestionnaire,, ne sera pas comblé de si tôt.

Dom

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