La communauté de l’UPN soulagée : l’assassin de l’étudiant Hervé Ndombe condamné à 20 ans de prison

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C’est devant un prétoire plein comme un œuf, envahi en majorité par des étudiants de l’Université pédagogique nationale encore affectés par la mort de leur condisciple Hervé Ndombe Lumpam, que le prévenu Godé Ngoli Nguma a connu dans la soirée de mardi 31 mars 2015, le verdict de son affaire. 20 ans de prison pour assassinat et 15.000 dollars de dommages et intérêts : telle est la sentence prononcée par le Tribunal de grande instance de la Gombe siégeant en matière de flagrance au premier degré.

L’audience de ce procès, comme il faudrait le rappeler, a débuté par l’instruction. Identifié comme conducteur de moto, célibataire et père de deux enfants qu’il a eus avec la demoiselle Flore Kanyonga, le prévenu Ngoli Nguma, aujourd’hui âgé de 30 ans, a fait savoir qu’il réside sur avenue colonel Kaya n° 71, quartier Champ de Tirs, commune de Mont-Ngafula.

Les avocats de la défense ont brandi une série des préalables qu’il fallait évacuer avant l’examen de fond.  Comme pour minimiser les faits reprochés à leur client, ils ont tôt relevé que le conducteur de moto n’avait pas commis de meurtre. Pour eux, il avait tout simplement interdit à l’étudiant de ne plus voir sa concubine Flore. Il n’est donc pas un assassin et ne mérite pas d’être traité de criminel.

 Ces propos qui ont suscité le courroux de l’assistance, ont poussé le président de la chambre à inviter les avocats à dépassionner le débat pour le déroulement serein de l’audience. Tour à tour, les avocats de la partie civile Hervé Ndombe Lumpam ont recadré les choses, dévoilant que le prévenu  avait bel et bien tué leur client, avec préméditation. Les faits parlent d’eux-mêmes. Non seulement il a utilisé une paire de ciseaux pour commettre son crime, mais il a poignardé au cœur sa victime. L’intention de tuer est manifeste, a fait observer l’officier du ministère public qui s’est rallié à la thèse de l’assassinat.

Le président de la chambre a alors demandé que soit exhibée l’arme du crime, cette pièce à conviction qui porte encore les traces de sang de la victime. Après la présentation de cette paire des ciseaux, le prévenu a été entendu pour expliquer le déroulement de la scène du crime.
D’une voix basse, Ngoli Nguma a expliqué que cet instrument appartenait à Hervé Ndombe. Chose qu’ont contestée les avocats de la partie civile, soutenant que cette paire de ciseaux est celle utilisée par les tailleurs, et non les coiffeurs.

Un témoin enfonce l’assassin

Un témoin à la barre a éclairé la lanterne des juges. Mike Tshibanda, 27 ans, originaire de Katako Kombe, également étudiant, est coiffeur dans le même salon où Hervé Ndombe venait passer quelques moments.
Pour ce jeune homme, le lundi 30 mars vers 9 heures, alors qu’ils n’étaient qu’à deux avec son ami Marc dans le salon, ils ont vu entrer un inconnu identifié plus tard comme Godé Ngoli Nguma. Il était à la recherche de leur ami Hervé Ndombe qu’il accusait de le cocufier. «Votre ami sort souvent avec ma copine Flore Kanyonga, la mère de mes enfants», a-t-il fait savoir sur un ton de colère.
Sur ces entrefaites, Hervé est entré. Le prévenu l’a alors entraîné loin du salon pour une chaude discussion entre hommes. Il le menaçait.
Soudain, Godé Ngoli Nguma a poignardé Hervé avec sa paire de ciseaux. Mike et Marc seront alertés par les cris de détresse d’Hervé qui criait que l’on venait de le poignarder. Sur le lieu, Tshibanda a constaté que le sang coulait de la poitrine de leur ami.
Le meurtrier a pris fuite. C’est aux cris de «  arrêtez-le ! » que la foule s’est mise à sa poursuite. Il sera rattrapé et acheminé au sous-commissariat 5 ème Bureau, tandis que c’est à l’hôpital Lisungi où Hervé a été acheminé en urgence qu’ils apprendront la triste nouvelle de sa mort. C’était trop tard, il avait perdu trop de sang.
Confronté à ce récit, le prévenu a nié les faits. Le juge a demandé que soit lu le procès-verbal établi par l’OPJ de la police dans lequel il reconnaissait qu’il avait blessé sa victime à l’épaule gauche. Curieusement, ce sont les mêmes aveux que Ngoli Nguma avait faits devant le parquet de grande instance de la Gombe.
Dans son réquisitoire, l’OMP avait rappelé les faits, avant de mettre un accent particulier sur l’intention de causer la mort qui animait le prévenu. Celui-ci avait utilisé une paire de ciseaux et avait transpercé le cœur, pour mettre fin aux jours d’Hervé Ndombe.
Les avocats de la défense qui n’ont pas pu balayer les arguments de la partie civile, quant à la volonté de Ngoli Nguma de tuer le jeune étudiant Hervé, ont plaidé quelques circonstances atténuantes.
Le verdict est tombé finalement la nuit : 20 ans de prison et 15.000 dollars de D.I. Le tribunal l’a également condamné à payer les frais d’instance. Ce jugement a soulagé les étudiants de l’UPN dont certains souhaitaient la peine de mort pour le prévenu.
J.R.T.  et  Kumba Ndilu
Stéphanie
(stagiaire de l’UPN)

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