La Ceni appelée au respect du poids démographique

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Comme promis au lendemain de sa désignation suivie de son installation comme bureau de la CENI, le calendrier électoral a enfin été rendu public le samedi dernier en présence des personnalités politiques, de la société civile et des forces vives de la Nation. Un pari gagné par le bureau de cet organe chargé d’organiser les élections conformément à la constitution et aux espoirs des dizaines des millions des congolais, de la communauté internationale ainsi que de tous ceux qui ont choisi la RDC comme leur seconde patrie.

Cependant, faut-il le reconnaitre, de prime abord, ce calendrier pèche par le non respect de l’esprit et de la lettre de la constitution en vigueur dans la mesure où il viole les prescrits de l’article 73 qui exige la convocation du corps électoral au plus tard trois mois avant l’expiration du mandat du chef de l’Etat en fonction. Une disposition constitutionnelle que les initiateurs de la dernière révision constitutionnelle auraient pu évacuer quand  ils avaient supprimé le deuxième tour de l’élection présidentielle.

Face aux difficultés financières, techniques et logistiques du moment, ils savaient pertinemment que n’importe quel calendrier électoral avait peu de chance de respecter le délai constitutionnel. Or, ce calendrier rendu public le week-end dernier à l’Hôtel SULTANI prévoit le couplage de l’élection présidentielle et des élections législatives nationales pour le 28 novembre prochain au lieu du 9 septembre comme initialement prévu par le législateur. En outre, la question est de savoir lequel de la loi électorale et du calendrier électoral prime, dès lors que le premier est rendu public au moment où le second est encore en examen au niveau de la commission politique, administrative et juridique de l’Assemblée nationale. Ne fallait-il pas rendre publique d’abord la loi électorale avant le calendrier ? Les débats sont ouverts et promettent d’être plus pointus lors de l’examen des contentieux électoraux au niveau de la Cour Constitutionnelle, au lendemain de la proclamation des résultats partiels prévus pour le 17 décembre prochain. Autant de bombes chaudes à retardement que les partis politiques risquent de déverser dans les rues pour faire entendre leurs revendications, fondées ou non et qui pourraient empoisonner le climat sociopolitique à la fin de cette année en cours.

Que doit faire la CENI ?

Au-delà de la bataille juridique sur la légalité constitutionnelle, les partis politiques, toutes tendances confondues, devraient profiter de la publication de ce calendrier pour se préparer sérieusement aux échéances électorales. En surveillant minutieusement ces opérations de révision du fichier électoral jusqu’à leur terme, en mobilisant les fonds nécessaires pour les différentes campagnes, en intensifiant des pressions sur le pouvoir au sujet de la désignation des membres de la Cour Constitutionnelle en vue d’éviter des nominations politiciennes qui n’auront pour effet que de menacer la paix et la tranquillité dans le pays.
Pour cela, ils doivent surveiller les opérations de  révision du fichier électoral dans les bureaux d’enregistrement, procéder aux vérifications minutieuses des listes électorales, de la répartition juste, démocratique, équitable et effective des circonscriptions électorales au prorata du poids démographique réel, la désignation des agents des bureaux de vote, celle des témoins et surtout celle des observateurs électoraux, tant nationaux qu’internationaux. A la suite de la tragédie qui vient de se produire en Côte d’Ivoire, des voix et non des moindres songent avec persistance à la désignation d’un organisme international qui sera chargé de la certification des résultats électoraux pour limiter au strict minimum les contestations post électorales.

La CENI sera jugée au sérieux et à la transparence des opérations de révision du fichier électoral en ce qui concerne l’enregistrement de vrais électeurs. Cela, pour ne pas sortir avec des listes contenant des fictifs pour privilégier certaines contrées au détriment d’autres. L’expérience douloureuse de 2006 est encore fraîche en mémoire avec des scores à la soviétique dans les territoires de l’Est de la République alors que la guerre y faisait toujours rage comme à ces jours. On connaît la densité démographique de principales villes du pays et même des provinces. La CENI est appelée à y veiller scrupuleusement pour ne pas rééditer les souvenirs fâcheux des élections de 2006 où l’on a vu des localités moins peuplées présenter des chiffres extraordinaires et celles plus denses se contenter des chiffres amoindris à souhait.

                                        F.M.                            

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