La BIAC liquidée

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BIAC-GOMBE-604x345Une atmosphère de panique a dominé à la Banque internationale pour l’Afrique au Congo(BIAC), hier mardi 8 novembre 2016, tant à la direction générale sur le boulevard  du 30 juin qu’au niveau de ce qui lui reste encore comme quelques agences. Et pour cause !  L’annonce dans un communiqué de sa liquidation, scenario marquant ainsi la fin de grandes difficultés que connait la BIAC depuis plusieurs mois.

En effet, indique ce document, « les actionnaires, réunis en assemblée générale extraordinaire et présidée par un mandataire ad-hoc désigné par le président du Tribunal de commerce de Kinshasa-Gombe, ont décidé de dissoudre volontairement la Biac et de désigner un liquidateur».

La banque, convient-il de rappeler, avait été placée sous administration provisoire depuis le 30 mai de cette année, en raison d’une grave crise de liquidités dont les causes restent délicates à déterminer, entre la sous-capitalisation chronique de la banque et la décision de la Banque centrale de stopper une ligne de financement.

          Face aux différentes thérapies qui se sont avérées inefficaces pour redonner vie à la BIAC, les propriétaires ont décidé simplement une dissolution volontaire de l’institution. Officiellement, soulignons-le, jusqu’ici aucun repreneur, malgré les échos médiatiques, n’aurait notamment été présenté aux actionnaires.

          Témoins des banqueroutes des prédécesseuses de la BIAC, notamment UZB, NBK, Banque congolaise, BCA, Banque du peuple, etc., les Congolais se méfient désormais de ces institutions formelles. Ils disent tout haut qu’ils n’ont plus confiance au secteur bancaire. Face à ces banqueroutes organisées et la perte de son épargne, il va être difficile de convaincre la population de ramener ses petites économies chez les autres banques existantes. Les autorités devront maintenant mener un combat féroce pour convaincre l’opinion à replacer confiance aux banques, afin de minimiser la thésaurisation qui parait désormais inévitable.

          Le coup dur n’est pas seulement pour de nombreux agents de la BIAC, soucieux de leur avenir, et pour leurs clients qui ont encore des avoirs dans ses coffres, mais surtout pour le Premier ministre sortant, Augustin Matata Ponyo, « champion » de la bancarisation. La chute de la BIAC est aussi la preuve de la faillite de son chantier « bancarisation» tant glorifié.

          En attendant la désignation d’un liquidateur qui sera chargé de désintéresser les clients, tous les yeux sont tournés vers cette banque congolaise, jadis contrôlée à 100 % par Elwin Blattner et sa famille, et qui est la quatrième du pays par le total des actifs, avec plus de 400 000 comptes fin 2015, un total de bilan de 511 milliards de francs congolais (environ 498 millions d’euros) et un total des dépôts de 399,7 milliards de francs congolais dont 245, 3 milliards détenus par de petits épargnants. Avec plus de 150 agences, elle possédait un des réseaux les plus vastes du pays.

Tshieke Bukasa

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