La BCC liquide la BIAC

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Placée sous sa gestion administrative depuis les années 2013, la Banque Centrale du Congo a finalement pris la lourde et extrême décision de liquider, purement et simplement la BIAC (Banque Internationale pour l’Afrique au Congo). C’est le gouverneur de l’institut d’émission, Deogratias Mutombo en personne, qui a signé l’avis au public porteur de cette mesure et daté du vendredi 09 octobre 2020. Il est dit que cette décision a pour soubassement les articles 22, 23 et 56 de la Loi n° 003/2002 du 02 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des Etablissements de crédit.

            Selon le même communiqué, le processus de cette liquidation forcée est confié à un Groupement appelé « AB Legal Van Cutsem – Global Business And Consulting (GBC Sarl) – Lubala et Associés SCRL, en sigle AGL. Comme de coutume en pareille circonstance, tous ceux ayant des fonds et ou des avoirs en dépôt sont priés de manifester auprès du liquidateur endéans soixante (60) pour les résidents et cent-vingt (120) jours pour les non résidents.

En principe, les clients de la BIAC – personnes physiques comme morales – ne devraient pas s’inquiéter de sa mise en liquidation, un phénomène courant dans le secteur bancaire, compte tenu de la garantie supposée de leurs avoir par l’Etat congolais.

            Malheureusement, on est en République Démocratique du Congo et ici, une vieille et douloureuse veut qu’après la faillite déclarée d’une institution financière, ses partenaires sociaux que sont les détenteurs des produits de l’épargne soient abandonnés à leur triste sort, avec des promesses de remboursement sans lendemain. A cet effet, plusieurs fâcheux précédents sont à citer : Banque Congolaise (BC), Banque de Kinshasa (BK), Banque du Peuple (BDP), Banque de Crédit Agricole (BCA), Caisse Nationale d’Epargne et de Crédit Immobilier (CNECI), Socobanque, Barclays Bank, Luymas, etc.

Les tristes expériences du passé lointain comme récent indiquent qu’au lieu de donner priorité aux opérations de remboursement des fonds de la clientèle, les membres des comités de liquidation des banques commerciales en RDC se transforment eux aussi en pilleurs du patrimoine immobilier, qui représente pourtant, dans nombre de cas, un important volet de recouvrement des fonds, à même d’éponger, tant peu, les dettes et charges sociales.

            La BIAC va-t-elle obéir au même schéma ? On ne va pas tarder à le savoir.

            A l’heure où l’on parle abondamment de l’amélioration du climat des affaires, un des signaux forts à donner aux investisseurs serait que l’Etat congolais garantisse solidement et réellement leurs avoirs dans les institutions financières, de manière à les mettre à l’abri des situations telles que celle qui prévaut à la BIAC. Un ancien Premier ministre de ce pays, Kengo wa Dondo pour le pas le citer, avait coutume de marteler, sous le régime de feu Maréchal Mobutu, qu’« un homme d’affaires est un animal peureux ». Il suffit donc d’un rien pour provoquer sa fuite d’un pays donner, pour des années voire des décennies. D’où l’obligation pour la Banque Centrale du Congo, dans le processus de liquidation de la BIAC, de ne pas donner un nouveau signal négatif aux investisseurs, nationaux comme étrangers.

                                               Kimp

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