La BCC, la Belgolaise et la MIBA devant le tribunal correctionnel de Bruxelles

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Le tribunal correctionnel de Bruxelles a connu hier une ambiance inhabituelle avec l’ouverture d’un procès aux allures d’une saga « qui mêle blanchiment, détournement et menaces sur fond de trafic d’armes financé par la vente du diamant ». Face-à-face : la Banque Centrale du Congo, la Belgolaise et la Minière de Bakwanga. Sur les bancs des accusés, trois hommes de main rattrapés  grâce à l’appareil de téléphonie cellulaire du représentant de la MIBA à Bruxelles, le nommé Lambert KANDALA qui s’est aussi constitué partie civile pour avoir échappé à une mort certaine. Tandis que les responsables des deux banques et de la MIBA, quoiqu’inculpés par le juge d’instruction, ont pu obtenir un non-lieu lors du règlement de la procédure, a-t-on appris des sources proches de cette institution judiciaire belge.
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Selon l’extrait du rôle rédigé par le Greffe du juge d’instruction Michel CLAISE, cette saga démarre en 2003 pendant les temps forts de la guerre d’invasion de la RDC par trois pays de l’Est, notamment l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi. Sur 80 millions des dollars Us provenant d’une vente des colis de diamant produit par la MIBA et seule la somme des 30 millions des dollars sera versée pour acheter des armes en Tchéquie et en Ukraine. Le reliquat va être détourné pour alimenter les comptes bancaires des personnalités bien introduites et dont les identités ont été reversées dans le coffre du « secret défense ».

L’ONU découvre le pot-aux-roses

C’est un groupe d’experts de l’ONU qui ont découvert le pot-aux-roses jusqu’à remonter la filière de ce trafic illicite et illégal établissant des liens étroits entre l’exploitation des ressources naturelles et le financement de la guerre en RDC. L’Onu dénonce ces mouvements des fonds suspects à la Cellule de traitement des informations financières qui à son tour saisit le parquet de Bruxelles. Il y a eu donc des opérations de blanchiment au niveau de la Belgolaise pour des achats d’armes et munitions de guerre et à côté de ces transferts directs entre les comptes de la MIBA et les sociétés des matériels militaires, il y aurait eu d’autres transferts via un compte écran de la Banque Centrale du Congo ouvert en Suisse. Voilà la toile de fond qui implique les trois complicités qui font peur et un malheureux qui a eu à mettre son nez dans ce dossier a failli y laisser sa peau.

Incident déclencheur…

Le 2 avril 2004, le numéro 2 de la MIBA à Bruxelles, le sieur Lambert KANDALA vient chercher un colis dans ses bureaux situés près de l’avenue Louise. Il doit porter ce colis à un ami qui doit prendre l’avion vers Kinshasa et celui-ci le remettra à une connaissance de  KANDALA. Vers 19 heures, sur le chemin du lieu de rendez-vous, un quidam le hèle et le pauvre KANDALA, croyant avoir affaire à un compatriote s’arrête et gare au bord de cette avenue fort fréquentée où 85 % des immeubles appartenaient au Congo mais qui ont été détournés à l’accession du pays à la souveraineté internationale. KANDALA n’a pas  le temps de réaliser qu’il pris en otage car un revolver va lui être braqué sur la tempe : « Tu poses des problèmes aux gens. C’est ton dernier jour ». Il est délesté de son portefeuille contenant de l’argent liquide, ses cartes de crédit et son appareil de téléphonie cellulaire. On le brutalise avant d’être jeté dans le coffre-arrière de sa voiture de marque Opel Vectra. C’est vers 23 heures qu’il sera remis en liberté à Rixensart om il réside, avait indiqué à la presse son avocat-conseil, Me Ghislain KIKANGALA.

Des amateurs en herbe !

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, l’un des trois hommes de main ayant maîtrisé l’infortuné Lambert  KANDALA a le malheur d’utiliser l’appareil de téléphonie cellulaire de ce dernier et l’une de ses cartes de crédit dont ils ont obtenu par la force les codes. Il va ensuite dénoncer le nom du commanditaire tapis dans l’ombre d’une institution de la capitale congolaise où il exerçait des fonctions enviables. C’est ainsi que l’on découvre que « ces trois gros bras » ne sont  pas bien lotis, des menus fretins mal rémunérés que Kinshasa actionne de temps à autre pour effectuer des sales besognes chaque fois que l’on a besoin d’eux.

Toujours selon les mêmes sources proches du juge d’instruction du Tribunal correctionnel de Bruxelles, outre les menaces d’enlèvement et de mort, l’un des hauts responsables de la SIBEKA, société commerciale privée de droit belge détentrice des 20 %, en l’occurrence le Vicomte Etienne DAVIGNON aurait fait l’objet des menaces d’enlèvement et d’empoisonnement. Par mesure de prudence, il a alerté les services de la Police qui ont mis à sa disposition des éléments de la garde rapprochée.
Ce procès va poser des questions gênantes, notamment celle de savoir si le fruit de le vente du diamant qui a fini sa course dans les caisses de l’Etat congolais constitue une avance d’impôts. Ou un impôt sur la base de quelles recettes ? Et quelle est la destination des 50 millions restant sur le prix réel de la vente ? C’est probablement à cause de ces démêlés judiciaires que la banque FORTIS a été emmenée à abandonner la Belgolaise qui était devenue sa filiale à 100 % en 2000. Dossier à suivre.

F.M.    

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