Kongo Central : l’Assemblée provinciale de la honte

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L’Assemblée provinciale du Kongo Central a fait la honte du peuple Kongo, en accordant une prime spéciale au vagabondage sexuel du vice-gouverneur Justin Luemba et l’assistante du gouverneurAtou Matubuana, ciblés par le Procureur général près la Cour de Cassation comme les artisans des images obscènes qui continuent de révolter les consciences. On se demande comment les députés provinciaux, pères et mères de familles, grands-pères et grands-mères pour certains, ont pu fermer les yeux sur un acte d’impudicité aussi flagrant impliquant des représentants du Chef de l’Etat dans leur province.

            C’est à peine croyable dans ce coin de la République où les hommes et les femmes mettent un point d’honneur à ne pas tomber dans des affaires d’atteinte aux bonnes mœurs. En décidant de blanchir complètement le gouverneur, le vice-gouverneur ainsi que l’amante de ce dernier, quel message les députés provinciaux du Kongo Central ont-ils résolu d’envoyer en direction des fils et filles Ne Kongo d’abord et au rester de la Nation en général ?

Doit-on déduire, par là, que le sexe est désormais banalisé et que dorénavant, tout le monde peut coucher avec tout le monde où l’on veut, sans crainte de poursuites judiciaires ? Quelle serait la réaction des députés provinciaux si, un de ces quatre matins, Justin Luemba récidivait, avec sa Mimi ou la bonne du gouverneur, dans le même site ? L’impunité du libertinage sexuel consacrée par le vote malheureux du mardi 24 septembre est d’autant grave qu’elle donne à penser que même si le duo Atou Matubuana – Luemba se rendait coupable de crimes politiques ou économiques, il pourrait compter sur la solidarité des élus de la province dans le mal.

            L’autre question qu’on se pose est de savoir ce que cela allait coûter aux députés provinciaux de laisser les auteurs et commanditaire du scandale sexuel du dimanche 25 août 2019 se défendre devant la justice, puisque présumés innocents jusqu’à ce que leur culpabilité soit établie ? En fermant la porte de la vérité à la communauté provinciale et nationale, les alliés de Matubuana dans la désacralisation de la fonction de gouverneur poussent les observateurs à croire que le précité à des choses à se reprocher.

            D’aucuns pensent que le Procureur général près la Cour de Cassation, dont le réquisitoire vient d’être piétiné par l’Assemblée provinciale du Kongo Central comme un chiffon, devrait prendre ses responsabilités et montrer à tous que personne n’est au-dessus de la loi dans cette RDC en quête de son statut d’Etat de droit. Ce que la communauté Ne Kongo et nationale attend de lui, c’est de ne pas classer sans suite le scandale sexuel de Matadi.

            On se rappelle qu’en son temps, il s’était saisi de l’ancien député national Mukonkole, impliqué dans un dossier de trafic de plaques d’automobiles, sans attendre la levée de ses immunités. On n’a pas oublié le cas de Muhindo Nzangi, arrêté en son temps à partir de Goma, au sortir d’une émission radio au terme de laquelle il avait été accusé d’outrage à l’ancien Chef de l’Etat, ramené manu militari à Kinshasa couvert de ses immunités, jugé et condamné. Pour ce qui est de l’ancien député national Adolphe Onusumba, poursuivi dans une affaire de mœurs, il avait été condamné à une année de prison. Plus près de nous, toute la République a encore fraiche dans sa mémoire l’arrestation de Diomi Ndongala sans levée préalable de ses immunités, son procès et sa condamnation à 10 ans de prison, dans une affaire dite de viol de mineures.

            Les immunités parlementaires, ministérielles et autres ne devraient pas, pense-t-on, constituer des éléments de blocage de la justice et de garantie d’impunité pour les délinquants sexuels et autres. Sinon la RDC court le risque de de transformer en République bananière, où la loi du plus fort serait la meilleure.                                    Kimp

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