Kodjo : la mission de trop à Kinshasa !

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Edem KodjoLes observateurs ne sont pas surpris de revoir Edem Kodjo cette semaine à Kinshasa. Car, à l’issue de son premier round de consultations des institutions publiques, de la classe politique et de la Société civile, dans l’intermède du sommet de l’Union Africaine, il avait promis de revenir dans la capitale écouter des délégués des partis politiques et des organisations de la société civile qui s’étaient plaints de n’avoir pas été consultés.

Ce second tour de table aurait eu tout son sens si la rencontre du jeudi 28 janvier 2016 à Bruxelles entre Etienne Tshisekedi, président national de l’UDPS, et l’Envoyé Spécial de la présidente de la Commission de l’Union Africaine, avait permis aux deux interlocuteurs de baliser complètement la voie devant conduire au dialogue. Malheureusement, Edem Kodjo s’est trouvé pris dans la nasse de la « feuille de route » de l’UDPS, laquelle comporte des préalables dont les réponses ne peuvent venir que du camp de la Majorité présidentielle.

D’où l’on se demande ce que l’homme peut bien tirer des hommes politiques et des activistes de la Société civile qui défilent à son bureau de Kinshasa, d’autant plus que la quasi-totalité d’entre eux se trouvent totalement acquis à la tenue du dialogue. Beaucoup tiennent du reste à être reçus par ce « sage » de l’Afrique pour s’assurer qu’ils vont bénéficier d’un quota de participation à ce forum, qu’ils considèrent plus comme une nouvelle opportunité de partage des postes ministériels et autres que la « voie royale » pour relancer le processus électoral bloqué.

Au regard de l’échec de sa mission de Bruxelles auprès d’Etienne Tshisekedi, l’Envoyé spécial de la présidente de la Commission de l’Union Africaine aurait mieux d’en tirer les conséquences, notamment en rendant le tablier, quitte à Mme Nkosazana Zuma ou au Secrétaire général des Nations Unies de prendre leurs responsabilités, soit en désignant le Facilitateur du Dialogue, soit en menant de nouvelles missions de bons offices auprès du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, et du président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, pour les persuader de trouver un compromis dans les modalités d’organisation de ce forum. Qu’on le veuille ou non, le blocage se trouve au niveau de ces deux personnalités, que le contentieux électoral de 2011 a rendu incontournables pour le processus électoral 2015-2016. Si les Congolais veulent se parler, aucun d’eux ne devrait rester au bord de la route.

            Car, à force de trop consulter et de ne pas rendre compte des résultats que donnent ces consultations, les Nations Unies et l’Union Africaine courent le risque de se mettre à tourner en rond. Entre-temps, l’horloge du « glissement » est en train de tourner sans arrêt.          Kimp

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