Kinshasa, « ville morte » hier !

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Kinshasa a ressemblé hier lundi 26 avril 2010 à une « ville morte », à la suite d’une grève généralisée des exploitants des véhicules commis au transport. Conducteurs et receveurs des bus et taxi-bus ont décidé de ne pas travailler, ce qui a eu pour conséquence de paralyser la circulation des personnes et de leurs biens durant toute la journée. Les effets de cet arrêt de travail ont été ressentis jusque tard dans la soirée.
Pour une fois, les routes étaient complètement dégagées, à la grande joie de rares automobilistes qui se sont risqués tôt le matin sur les voies publiques. Oui, il était effectivement risqué de sortir son véhicule au milieu des marées humaines obligées d’emprunter la « fameuse ligne 11 », entendez la marche à pieds.

Des coups de feu à Masina

 Le district de la Tshangu, avec les communes de Ndjili, Masina, Kimbanseke, N’sele et Maluku a respecté sa tradition de « zone rouge ». Alors que dans les autres communes, la perturbation du transport en commun était accueillie avec philosophie, à Kinshasa-Est par contre, la tension s’est mise à monter avec l’entrée en scène des délinquants et quelques étudiants qui ont commencé à brûler des pneus usagés et à caillasser des automobilistes pour les empêcher de circuler.

La police a dû tirer en l’air, le long du boulevard Lumumba pour faire dégager la voie. Mais en dépit de la fuite des manifestants, la peur a persisté chez les automobilistes. C’est seulement vers midi, que la circulation automobile a timidement repris, d’abord avec les conducteurs des motos, ensuite les grands bus assurant la ligne Kingasani-Marché Central.

Matadi-Kibala : le 1er taxi-bus à 10 heures

 Après une longue matinée sans moyens de transport, les résidents de Matadi-Kibala, Cité Verte et Badiadingi ont vu surgir, vers 10 heures, le premier taxi-bus de la journée, suivi d’un second. Il fallait user des biceps pour y accéder, surtout que sa destination était le Marché Central. Quant aux personnes désireuses  de se rendre vers le rond point Ngaba, elles ont dû attendre leur premier taxi-bus jusqu’à midi.
 Le fait qui a le plus frappé les voyageurs était l’absence d’embouteillages, de la Cité Verte à Kintambo/magasins et de là jusqu’au centre de la ville.
 Au niveau de l’UPN, certains n’ont pas tellement ressenti les retombées négatives de la grève, compte tenu de la présence de plusieurs taxis et taxi-bus qui se livraient au demi-terrain entre l’UPN et le triangle de la Cité Verte, l’UPN-Delvaux, Delvaux-Kintambo, etc.

Ngaba, Lemba et Matete aussi frappées

 Les communes de Ngaba, Lemba et Matete étaient aussi frappées par la grève des transporteurs routiers. Bus et taxi-bus ont déserté les parkings, contraignant les usagers du transport en commun à la marche à pieds. Les taxi-motos en ont profité pour proposer leurs services au double, voire le triple des tarifs habituels entre Matete et Super Lemba, rond point Ngaba-Kianza, Super Lemba-Kianza, Kianza-Ezo, etc.
 Ce n’est que vers midi que la situation a commencé à se normaliser, notamment avec le système du fractionnement des parcours.

Bandal : une longue attente

 Les résidents de la commune de Bandalungwa ont passé de longues heures aux arrêts et parkings des taxis et taxi-bus avant de voir apparaître, vers 10 heures, les premiers engins desservant le transport en commun. Au vu de la flopée de candidats au voyage, le demi-terrain a régné en maître : Tshibangu-Moulaert, Moulaert-Bayaka, Bayaka-Gambela, Tshibangu-Kintambo, Moulaert- Cinquantenaire, etc.

Barumbu : vive la marche à pieds !

 A Barumbu, dès que les gens ont constaté que la circulation était anormale, ils se sont résolus à gagner le centre-ville à pieds. D’où, lorsque les premiers taxis ont repris du service autour de 9 heures, beaucoup étaient déjà au Marché Central, au Beach Ngobila, aux Affaires étrangères, à Matonge, etc.
 Les taxi-bus en provenance de Kingabwa/Uzam et en transit par les avenues du Kasaï ou Flambeau, pleins comme il n’est pas permis, renseignaient suffisamment sur les difficultés de transport en commun. 

Reportage de Mydrie Mavata, Rodrigue Noti, Aimée Kupa, Tanya Takufa, Chimelle Mwila, Amina Chomba, Marianne Feti (Ifasic), Carine Kapuku, Francisca Kapinga, Glorieux Kiasanga et Nicky Landu (UPN).

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