Kinshasa : non aux « bases »tribales et ethniques !

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Le vent de campagne-préélectorale souffle sur Kinshasa depuis quelques semaines. La nette impression du moment est que nombre d’hommes et de femmes, aussi bien ceux présents au sein des institutions de la République que ceux qui aspirent à y entrer en 2023, année fixée pour les prochaines échéances électorales, ont opté pour le « raccourci ». Une dangereuse tendance se dessine au sein des états-majors politiques, à savoir celle de l’appui sur des « bases » électorales tribalo-ethniques.

En effet, il ne se passe plus un week-end sans qu’on apprenne que tel président de parti a mis Tshangu dans sa poche… que tel membre du gouvernement a transformé le Camp Luka en forteresse imprenable… que telle sénatrice a « verrouillé » Matadi Mayo…qu’il n’y a plus « match » pour tel député national ou provincial à Selembao…

            Alors que la loi sur les partis et regroupements politiques oblige leurs fondateurs à aligner, dans leurs comités directeurs, des délégués de chacune de 26 provinces, dans le but de leur conférer réellement un caractère national, ce sont curieusement les mêmes « autorités morales » qui s’emploient à les tribaliser. Ce sont les mêmes qui ciblent, volontairement, des communes ou quartiers de la capitale présumés être habités en majorité, par des ressortissants de leurs tribus ou ethnies.

            Il se remarque de plus en plus, l’émergence  des partis ou regroupements politiques sans existence réelle sur le terrain, dont l’essentiel des cadres et militants appartiennent à la même souche tribale ou ethnique que leurs fondateurs. A la veille des manifestations politiques, les consignes sont données en patois du terroir, ce qui exclut automatiquement des sympathisants éventuels « tribalement » ou « ethniquement » non connectés.

            Il y a là un péril pour l’Etat-Nation car au lieu de favoriser la cohésion nationale, certains politiciens et politiciennes sont occupés, consciemment ou inconsciemment, à semer les graines de la division au sein de la communauté nationale. Comment veut-on faire d’un parti ou d’un regroupement politique un « patrimoine national » lorsque, dans ses discours, son leader clame haut et fort qu’il compte avant tout sur le soutien de ses frères et sœurs de tribu ou d’ethnie ?

L’arrêté de Ngobila : un mal nécessaire

            L’arrêté en instance de sortir du cabinet du gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, pour déterminer les « zones neutres » de la capitale interdites aux marches politiques, apparaît, de ce point de vue, comme un mal nécessaire. Ce texte va en effet contraindre les acteurs et actrices politiques qui ont pris la fâcheuse habitude de focaliser leurs activités politiques dans des coins de la capitale présumés majoritairement habités par des originaires de leurs tribus ou ethnies, à abandonner leur esprit sectaire.

            Kinshasa, ses communes et ses quartiers n’étant pas la chasse gardée d’une tribu ou d’une ethnie, Kinoises et Kinois seraient tout heureux d’apprendre, demain ou après demain, qu’une marche politique va avoir comme point de départ non pas la place Pascal sur le boulevard Lumumba, mais plutôt le terminus de Riflard sur l’avenue de « La Paix » à Kisenso, l’avenue Nzolana à Ngaliema, l’avenue Kulumba à Kingabwa, l’avenue Kikwit entre Lemba, Ngaba et Limete, l’avenue Elengesa à Makala, l’avenue principale menant au quartier « Terre jaune » à Bibwa, la route de Kimwenza à Kindele, etc.

            C’est le lieu d’en appeler également à la délocalisation des sièges des partis et regroupements politiques, jusque-là concentrés à Gombe, Lingwala et sur l’avenue de l’Enseignement, à Kinshasa, vers les quartiers périphériques de la capitale.Kimp

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