Kinshasa : l’offensive de la poussière…

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Cela fait exactement 15 mois, depuis que la poussière s’est invitée dans vie quotidienne des Kinois et Kinoises. A la base : les travaux de rénovation des infrastructures routières de la ville de Kinshasa. 

Sur le boulevard du 30 juin par exemple, les usagers et les riverains ont vécu un véritable enfer en dépit des efforts louables des constructeurs qui recouraient régulièrement aux camions citernes pour arroser le sol. La canicule, omniprésente tout au long des travaux, a constamment néantisé leurs efforts.

Ainsi donc, les hôpitaux, les restaurants, écoles, magasins, banques etc. ont vu leurs installations envahis par la poussière provoquée par les travaux de démolition de la carpette ainsi que le dépoussiérage du sol avant le dépôt d’une nouvelle couche de bitume ou la construction des canalisations.

Cette situation dure depuis plus d’un an en ce qui concerne les riverains du boulevard du 30 juin. Aujourd’hui, c’est le tour des riverains du boulevard Lumumba et de ceux qui utilisent cette voie de communication de connaître le même sort. La poussière envahit non seulement les maisons mais aussi les écoles, les hôpitaux, les véhicules, les motos, les vélos et les piétons. C’est une situation contre laquelle il est difficile de se prémunir mais qui a encore, hélas, de beaux jours devant elle. Car selon les informations reçues de bonne source, les travaux vont se poursuivre jusqu’à novembre prochain. Si on ne peut blâmer le pouvoir public pour ces inconvénients liés à des travaux d’intérêt général, on ne peut manquer de relever que l’invasion des habitations, restaurants, écoles, véhicules etc. par la poussière pose un problème de santé.

En effet, chaque jour qui passe, nos poumons se trouvent exposés aux attaques de la poussière que nous inhalons. Mais grâce au système de défense situé dans toutes les zones de nos voies respiratoires, particulièrement la voie nasale, la majorité des grosses particules de poussière sont bloquées pour en être finalement expulsées à la faveur d’un éternuement ou quand on se mouche.

La question, aujourd’hui, est de savoir si le bombardement continu dont les écoliers, élèves, piétons, riverains, etc. sont quotidiennement l’objet peut rester sans conséquences au regard des risques que représentent les particules susceptibles de traverser les défenses de la cavité nasale et des voies aériennes.

Pour les spécialistes, le système de défense est encore sophistiqué au niveau des sacs alvéolaires situés à l’intérieur des poumons. « Lorsque les particules de poussière atteignent les sacs alvéolaires et les voies aériennes inférieures, tous deux dépourvus de cils vibratiles, elles sont attaquées par des cellules spéciales appelées macrophages dont le rôle est d’interdire l’accumulation des corps étrangers dans les sacs alvéolaires. Les macrophages avalent littéralement les particules puis, selon un mécanisme encore mal connu, atteignent la région où les voies aériennes sont tapissées de cils vibratiles. Ces cils, animés de mouvements ondulatoires, font ensuite remonter les macrophages jusque dans la gorge, où ils sont expulsés par la bouche ou avalés ».

Pour autant, l’efficacité du système de défense des poumons ne devrait pas être considérée comme une assurance tous risques. Car au-delà de ce premier problème, il y a un deuxième, aussi insidieux que dévastateur.

On sait qu’à Kinshasa, à cause des problèmes liés à l’alimentation en énergie électrique, les habitants passent le clair de leur temps à l’extérieur de la maison. La principale conséquence, pour les ménagères, est le recours à la braise pour la préparation des aliments. La question ici, est de savoir ce qu’il faut faire face aux tonnes des particules de poussière qui viennent visiter les casseroles posées sur le feu, se mélangeant tantôt à l’eau, à la farine, à l’huile, à la viande, aux poissons, aux légumes, etc. Bref, dans ce que consomme le Kinois, quel est le pourcentage des éléments indésirables et nuisibles, et de quels moyens de défense disposons-nous pour que les aliments destinés à nourrir le corps, ne se transforment pas en poison pour celui-ci ?

Ces questions méritent d’être posées aujourd’hui eu égard à la multiplication des cas de maladies d’origine alimentaire, généralement attribuées à la consommation des repas dénommés « malewa » servis à l’air libre,et dont raffolent étudiants et ouvriers au centre-ville ainsi que dans certaines cités d’ambiance comme Matonge et Bandalungwa.

Les responsables de l’Hygiène/Ville de Kinshasa devraient intervenir pour à la fois édicter des mesures de sauvegarde et rappeler les techniciens des « malewa » à l’ordre. Mieux vaut prévenir que guérir.

Irezille Sedeke (Stg  Ifasic)

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