Kinshasa : le «volcan kuluna» de nouveau en éruption

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kulunaOn le croyait éteint, et même définitivement éradiqué. Le « volcan kuluna » qui a fait trembler Kinshasa, durant toute l’année 2014, répandant ses laves et semant la mort et la désolation dans la plupart des communes chaudes, a repris ses activités. Et on ne comprend pas comment ce phénomène qui a disparu de l’imaginaire kinois, prend de nouveau de l’ampleur, ravivant la révolte des paisibles citoyens et procurant des inquiétudes aux responsables de la sécurité de la capitale, ainsi que de sueurs froides aux policiers.

          A Bandalungwa, la bande à « Romain » reconstituée avec les rescapés des opérations Kuluna I et II, des expulsés de Brazzaville, et des détenus remis en liberté, s’est créée un fief dont le secteur opérationnel s’étend de l’avenue Inga, M’siri, Dimbaboma, Dekani, Bwete, Mbidi à Lubumbashi, et autres.

          Stratégie pour dérouter les soupçons sur le groupe, pendant la journée, ils se consacrent au métier-écran de nettoyage de véhicules. Mais la nuit, ces «sans domicile fixe» se convertissent en voleurs, escaladant les clôtures des parcelles environnantes et emportant tout bien oublié dehors. Sur certains tronçons peu éclairés et fréquentés, ils se muent en criminels avec armes blanches à la main, pour agresser des noctambules impénitents. Le matin, les victimes les pointent du doigt, alors qu’ils se défendent de mener des activités plus recommandables. Aujourd’hui, quelques habitants des parages notent que lors de nuits creuses, ces «kuluna» mutants dorment sous des devantures des boutiques, en attendant de perpétrer de nouvelles agressions et de nouveaux coups.

A Ngiri-Ngiri, un délinquant non identifié, selon une source proche des vendeurs du marché Bayaka, a remis sur les rails, l’écurie «  Nzoi » à partir des éléments issus des groupes désintégrés de Kimbangu, Yolo, Kasa-Vubu, de Ngiri-Ngiri et de Makala dont les ténors appréhendés par la police, purgent encore leurs peines de servitude pénale à la Prison centrale de Makala.

 

Vivement l’opération Kuluna III

          Avec la résurgence de certains ghettos, c’est la violence urbaine qui refait surface et cause d’énormes préjudices à la population de Ngiri-Ngiri. Mme Luyindula, vendeuse de friperies au marché Gambela, a été violentée dernièrement vers 23 heures, alors qu’elle regagnait son domicile, après avoir récolté des dettes à Yolo. C’est sur le pont Mompono que ces marginaux l’ont encerclée avant de lui arracher son sac à main contenant ses pièces d’identité, ses téléphones, ainsi que des fonds de la tontine. Une affaire de 1.300 dollars et 68.500 FC.

          A Makala, Camp Mombele et Ngaba, les bandes des marginaux ont marqué de leurs empreintes, la criminalité qui sévit dans ces communes et quartier. Les agressions et autres extorsions à main armée enregistrées ces derniers temps, portent leurs signatures et les victimes qui ne savent plus à quel saint se vouer, n’ont que leurs larmes pour pleurer.

          Kingabwa, Matete, Lemba, Livulu, quelques petites éruptions des écuries des kuluna, semblent pourtant comme des gouttes d’eau contre des torrents de violence que Ndjili, Masina et Kimbanseke déversent des nuits entières. Dans cette sorte de « triangle de la mort »,  rentrer sain et sauf sans croiser des malfaiteurs et d’autres délinquants relève d’un miracle. Et aujourd’hui, tout déplacement aux heures indues de la nuit comporte des risques énormes d’agression que personne n’aimerait prendre.

          Mais à Masina, les sportifs regroupés dans une sorte de brigade d’autodéfense de certains quartiers ont pu appréhender quelques marginaux qui opéraient le long de la voie ferrée. C’est là que de nombreux habitants ont été dépouillés de leurs biens, non sans subir des violences physiques. Mis aux arrêts, deux malfrats ont dévoilé leurs activités criminelles, signalant au passage que dans le secteur, d’autres groupes criminels ont érigé de petits fiefs.

          La question qui passe par la tête, est celle de savoir à quand finalement le lancement de l’opération kuluna III. Si la police tarde à agir, comment alors assurer sa propre sécurité au niveau individuel, et au niveau de l’avenue ou du quartier ? Faute de réponses à ces deux interrogations, Kinshasa a retrouvé ses réflexes de peur panique, depuis que les avenues ou les coins coupe-gorges apparaissent comme des champignons.

          L’on croit savoir que les différents postes de police où sévissent ces vagues de violences urbaines qui auraient pu prendre localement des initiatives pour assurer davantage la protection des populations et de leurs biens, attendent, le renforcement des effectifs et le déploiement d’une opération de ratissage Kuluna III.

          Le commissariat provincial de la police a tout intérêt à redémarrer la machine répressive contre ces délinquants sans foi ni loi, et qui à la longue veulent instaurer le règne de l’impunité.

J.R.T.

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