Kinshasa : lancement ce vendredi de la traque de « Bureaux 2», kuluna et shegués

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Vendredi  29 mars prochain, Kinshasa va vibrer au rythme de la traque de «  Bureaux 2 », ces fameux agents tracassiers habillés en tenue civile, prompts aux fouilles de sacs et autres mallettes qui aboutissent généralement aux actes d’extorsion de téléphones, tablettes, ordinateurs et billets de banque. Des policiers en tenues opérant en patrouilles pédestres et motorisées vont se déployer dans toute la ville de Kinshasa pour ratisser large. Pour la bonne réussite de cette traque, l’appel a été lancé à la population pour dénoncer ces éléments indélicats et localiser les containers érigés en lieux d’interpellation des citoyens et d’extorsions de leurs biens. Ce sont des instructions que le Commissaire provincial de la police ville de Kinshasa a données hier, aux unités placées sous son autorité. Et ce, au cours de la parade qu’il a présidée pour leur transmettre les nouvelles directives du ministre de l’Intérieur concernant les mesures de sécurité renforcées prises pour éradiquer la criminalité et combattre l’insécurité.

            Les commissariats urbains disséminés à travers toute la ville superviseront ces opérations et cibleront également des «shegués» dont on dit qu’ils sont des marginaux en herbe. A l’âge adulte, ces petites bombes humaines vivant à la belle étoile en bandes organisées, structurées et hiérarchisées, et forgées dans leurs caractères comme de l’acier trempé, deviendront un véritable fléau pour la société. Ces délinquants qui recourent aux armes blanches pour agresser leurs concitoyens, ne craignent ni policiers, ni la détention prolongée dans des établissements pénitentiaires, se comportent comme dans un territoire conquis.

            Avant le démarrage de cette vaste opération, il est impérieux que soit réactualisée la cartographie des termitières de ces inciviques, en même temps que soit dressée la localisation de secteurs criminogènes où ces ennemis publics numéro un secrètent la violence au quotidien. Dans l’entendement des responsables de la police, l’insécurité s’est aussi accentuée dans toute la ville de Kinshasa, avec la circulation des jeeps dépourvues d’immatriculation ou aux plaques minéralogiques bâchées, qui ne peuvent pas être identifiées après des accidents de circulation ou des crimes. Il est aussi interdit de circulation des jeeps ou autres véhicules des autorités aux vitres teintées et dotées de sirènes et des gyrophares éblouissants qui faisaient des navettes interminables à longueur de journée. Les éléments patrouilleurs de la police commis à cette opération, ont été chargés instruits les conducteurs, afin de faire respecter à la lettre cette mesure des responsables de la sécurité à Kinshasa.

Seul le cortège du Chef de l’Etat et ceux de ses homologues en visite dans la capitale, sont autorisés à actionner des sirènes et des gyrophares. Il en est de même des corbillards, des ambulances et des véhicules anti-incendie auxquels il faut accorder le bénéfice de la priorité. Tous les autres officiels ne pourront plus se permettre de rivaliser d’ardeur et d’inventivité en ce qui concerne les alarmes.  Dans un pays organisé, l’on ne devrait pas assister du matin au soir, au ballet incessant de ces jeeps des officiels sur les principales artères.

            Le commandant de la ville souhaite la collaboration de la population pour débarrasser la capitale de  tous ces partisans des actes de criminalité. Sans cette collaboration, a insisté le commissaire provincial de la police, la ville de Kinshasa ne connaîtra pas de si tôt le retour à la quiétude et à la sécurité. Il a également exhorté la population à s’unir comme un seul homme pour traquer ces fameux «  Bureaux 2 », ces marginaux et ces enfants de la rue qui pullulent au Rond-point Victoire, au Rond-point Ngaba, à Kintambo Magasins, à Kingabwa Uzam, à la Place Sainte Thérèse, à Bitabe, à Pascal entrée Mokali, à la Gare centrale de Kinshasa et dans les parages de principaux marchés de Kinshasa.

            Les mêmes agents indélicats, déserteurs ou éléments actifs indisciplinés, indique une source policière, s’illustrent aussi par des tracasseries et des cas d’extorsion dans tous les ports publics et privés de Kinshasa, où ils s’intéressent surtout aux marchandises des commerçants navigants. Pire, ils sont nuisibles au bon fonctionnement de l’Etat, car ils perçoivent des amendes transactionnelles sans rien verser au Trésor, et procèdent même aux arrestations et détentions arbitraires et illégales, dans une impunité qui révolte plus d’un.

            A l’heure de la traque de ces fauteurs de troubles, toutes les batteries doivent être mises en marche pour l’éradication de la criminalité dans la capitale.

J.R.T.   

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