Kinshasa : l’Afrique Centrale réfléchit sur sa sécurité

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Des experts en questions sécuritaires de la RDC, de l’Angola, du Tchad… prennent part depuis hier mardi  28 mai 2019 à la 48ème réunion des ministres du Comité consultatif permanent des Nations Unies sur les problèmes de sécurité en Afrique Centrale (INOCA).  Initiés par le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique Centrale, ces échanges qui se tiennent au Fleuve Congo Hôtel   prennent  fin ce vendredi 31 mai 2019. Pendant quatre jours, des experts en provenance  de la Guinée Equatoriale, de l’Angola, du Rwanda, de Sao Tomé, du Tchad… vont se pencher sur les problèmes liés à la sécurité dans la sous région et proposer des résolutions qu’ils vont soumettre à leurs ministres de tutelle.

            Dans son mot de circonstance, le président sortant de la 47ème réunion du comité  consultatif  permanent des questions  de sécurité  pour l’Afrique Centrale, le Tchadien Apollinaire Mongobaye a déploré les problèmes de terrorisme, les conflits frontaliers,  le banditisme… et autres trafics de tous genres en Afrique Centrale. Selon le directeur de la Coopération et des organisations internationales  au ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine, de la Coopération Internationale  et de la diaspora de la République du Tchad, les participants à ces assises doivent mettre en commun leurs idées  dans le but d’endiguer les maux et fléaux énoncés ci-haut et qui plombent le développement harmonieux de l’Afrique Centrale.

            Ileka Atoki, représentant de la RDC et Secrétaire général au ministère des Affaires Etrangères et Intégration régionale, a fait état de la volonté de Kinshasa de déposer d’ici peu les instruments de la ratification de la Convention internationale sur le trafic des armes légères et de petit calibre.

            A noter également que la RDC va prendre la présidence de cette 48 ème  réunion, qui, il faut le souligner, s’inscrit dans  la continuité de la réunion antérieure.

            Mieux gérer le pastoralisme, la transhumance ou encore explorer des pistes de solutions aux autres problèmes qui se posent en Afrique Centrales figurent parmi les objectifs assignés au rendez-vous des experts des pays cités ci-haut en matière de sécurité.

            Hormis la présentation du rapport du bureau sortant et le suivi de la mise en œuvre des recommandations de la réunion précédente, l’agenda des assises de Kinshasa prévoit l’examen des sujets ci-dessous : la revue de la situation géopolitique et sécuritaire en Afrique Centrale, le suivi de la situation en RDC, la piraterie et la sécurité maritime, la libre circulation  des personnes en Afrique Centrale…… mais aussi la transhumance transfrontalière, les points d’information sur la promotion des droits humains en Afrique Centrale, la réforme institutionnelle, la rationalisation des communautés économiques d’Afrique Centrale et la coopération entre la CEEAC et d’autres entités sous-régionales, la mise en œuvre de l’agenda Femmes, Paix et sécurité en Afrique Centrale, etc.

            Autres points à l’ordre du jour : la présentation du secrétariat général de la CEEAC, du rapport du consultant chargé de l’étude pour l’adoption d’une régulation communautaire  sur le pastoralisme….

            Des représentants de l’UA, de la CEEAC, de la Monusco et d’autres intervenants vont plancher sur les thèmes énoncés ci-haut. Ces exposés seront suivis d’échanges en plénière.  

            La boucle va être bouclée au terme de l’adoption de la 48 ème réunion et la préparation des dossiers pour la réunion ministérielle.

 Kinshasa est censé accorder une grande importance aux travaux de Fleuve Congo Hôtel quand on sait que notre pays connaît de sérieux problèmes sécuritaires à l’Est. Si  dans un passé récent, seuls la LRA,  les ADF venus d’Ouganda ou autres rebelles burundais, rwandais… et milices locales  continuaient de faire parler d’eux,  les récentes menaces des islamistes  donnent des frissons aux Congolais.

            Le pastoralisme ou la transhumance transfrontalière, dénommé  chez nous   phénomène « Mbororo », a  fait naître des frustrations chez  nos compatriotes de l’Uele qui se plaignent de voir leurs terres envahies par des éleveurs en provenance des pays comme le Tchad.

                Jean-Pierre Nkutu

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