Kinshasa : il n’y a pas que les boulevards…

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Après treize mois de travaux, le boulevard du 30 juin est sur le point de redonner le sourire à ses usagers. Une bande qui compte quatre voies est pratiquement achevée. Le constructeur y est actuellement occupé, avec la contribution de la Brigade routière, à tracer (à l’aide de la peinture blanche), les quatre pistes que les véhicules vont désormais emprunter dans le sens ex-Rond point Socimat – Gare Centrale. L’autre bande allant dans le sens de la Gare Centrale vers l’ex-Rond-point Socimat, va subir les mêmes retouches avant que l’ensemble du boulevard, complètement remis à neuf, soit inauguré et ouvert intégralement au public.

Il reste maintenant les autres éléments du paysage. Il s’agit, pour être plus précis, des points d’intersection, du remodelage des anciens ronds points et naturellement, de la Place de la Gare dont on sait qu’elle va connaître un embellissement particulier compte tenu de son nouvel environnement hôtelier.

Ainsi donc, une étape est sur le point d’être franchie dans le domaine des infrastructures routières dans la capitale, et cela dans la perspective de la célébration des 50 ans d’indépendance du Congo Démocratique. Mais il reste encore beaucoup à faire, surtout en ce qui concerne le boulevard Lumumba où la question de construction des ponts continue de se poser avec acuité. Un premier essai a été tenté au niveau de la 1ère Rue Limete, mais les averses qui n’ont cessé de s’abattre sur la capitale, semblent avoir douché la détermination des ingénieurs de l’OVD désormais obligés d’attendre le début de la saison sèche pour se remettre à l’ouvrage. Et quand on sait que le boulevard Lumumba compte plus de 10 ponts, on réalise combien les travaux qui restent risquent de ressembler à ceux d’Hercule !

En tout état de cause, Kinshasa va certainement compter, pour le cinquantenaire de l’indépendance, sur deux grands axes complètement requinqués : les boulevards Lumumba et du 30 Juin. De nombreux invités et les hôtes de marque attendus à cette occasion pourront donc se faire une idée du chemin parcouru par notre pays en 50 ans. Malheureusement, l’idée en question ne sera que très partielle dans la mesure où elle est loin de refléter la réalité globale. 

En effet, il suffit de quitter le boulevard du 30 juin, en plein centre des affaires et tente de s’engager sur l’avenue du Commerce ou Luambo (ex-Bokasa) ou encore Kasaï pour réaliser que si d’aventure la reconstruction des routes à Kinshasa devait s’arrêter aux seuls boulevards actuellement en reconstruction, ceux-ci risquent d’apparaître comme des tombeaux blanchi.

Un coup d’œil rapide sur les routes locales dans les différentes communes de la capitale permet d’affirmer que tout est à refaire. Plusieurs quartiers, voire des communes entières, sont aujourd’hui inaccessibles, ce qui explique qu’à la moindre pluie, la population éprouve toutes les peines du monde pour sortir de chez elle et circuler ! Des routes deviennent des rivières où celui qui s’y aventure s’expose à l’électrocution.

Un quartier comme Yolo par exemple n’est plus que l’ombre de lui-même. Toutes les rues ont foutu le camp. Même des avenues importantes comme Kimwenza, Université et Ezo dont chaque Kinois connaît l’importance parce que donnant accès aux communes comme Makala, Ngaba et Lemba Campus, ne sont plus en mesure de jouer leur rôle, l’âge et l’absence du bitume ayant eu raison de leur résistance.

A l’analyse de cette situation d’ensemble, il appert que la solution qui s’impose aujourd’hui est de cibler les axes prioritaires au niveau des différentes communes. Ces axes doivent bénéficier de l’attention particulière de l’Hôtel de Ville pendant que le pouvoir central s’occupe de la réfection des boulevards. Il est en effet utopique d’espérer que les invités du 30 Juin puissent garder une image séduisante de la ville si un  moindre déplacement en dehors de tout itinéraire contrôlé peut leur permettre de découvrir des choses immondes. La stratégie, les anciens s’en souviennent, avait été appliquée en 1964 avec le Nigerian Sir Tafawa Balewa qui, désireux de se rendre à la mosquée d’Usoke, avait sans le vouloir  mis le gouvernement Adoula dans l’obligation d’organiser une ceinture en toile pour cacher au Premier ministre nigerian la montagne d’immondices qui dénaturait le paysage. Kinshasa, il faut le dire et le souligner, n’est plus ce qu’elle était hier mais il n’est pas tard de fournir un effort si on veut améliorer son image.

Eliane Tshiabu Nsenda

(Stg/Unikin)

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