Kinshasa face au Covid-19 : promiscuité dangereuse

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Aux arrêts de bus comme dans les marchés, les populations de la ville de Kinshasa, du Nord au Sud, de l’Ouest à l’Est, vivent, aujourd’hui comme hier, comme s’ils habitaient sur une autre planète exempte de coronavirus, distante de la terre des hommes, par de millions d’années-lumière. Mont-Ngafula, Mitendi, Cité verte, Matadi Mayo, à travers les rues et dans les moyens de transport en commun, la distanciation sociale, est superbement ignorée. Selembao, Badiandingi, Kindele, Mbanza-Lemba, Bumbu et Makala, nombre limité des passagers dans des bus, ignoré. Ngaliema, Kintambo, Bandalungwa, Ngiri-Ngiri, on continue à se bousculer dans des passages exigus et on se serre les mains sans gêne. Une personne sur 20 ne porte pas de masque. Lingwala, Kinshasa, Barumbu et Limete, on se bouscule pour se frayer un passage et le lavage des mains n’est effectué que dans quelques marchés et devant quelques grands magasins. Constat amer :  les mesures de prévention décidées par les autorités politiques sont d’application très timide. A Tshangu, Ndjili, Masina, Kimbanseke, Kingasani, Kinkole, Nsele et Maluku, constituent visiblement le berceau de la résistance contre les gestes-barrières et autres mesures de prévention contre le coronavirus.

            Dans les discours des habitants de plusieurs coins de la capitale, comme à Kalamu, la plupart ne croyent toujours pas à la pandémie. Eternel refrain : on ne voit pas les morts. Dans les quartiers et les rues, aucun deuil n’est organisé en rapport avec les décès liés au covid-19.

            De ces scènes de promiscuité et de ces discours de négation, les nombreuses campagnes de sensibilisation menées jusqu’ici contre le coronavirus sont certainement tombées sur une terre rocailleuse. Et pour que la capitale ne reste pas l’épicentre du covid-19, par ses principales portes d’entrée, avec des conséquences incalculables et non maitrisables, il y a lieu de lancer d’autres campagnes de sensibilisation avec des leaders d’opinion, des comédiens, des acteurs de théâtre, des musiciens et des responsables des églises de réveil.

Le déploiement des équipes de sensibilisation devra tenir compte de la forte densité de la population dans les quartiers de cette partie de la ville et la langue utilisée doit être celle parlée par la majorité des habitants. Cette fois, les personnes guéries de cette maladie devront être associées à cette vaste campagne pour tenter de convaincre les incrédules, jeunes et vieux, hommes et femmes. 

                                   J.R.T.

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