Kingabwa-Uzam : le Curé et le Vicaire de la paroisse Saint Gonza pillés par des éléments incontrôlés de la PNC

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Toujours en tenues civiles débrayée, certains policiers opérant sous
le label de «Bureau 2», sèment depuis quelques temps la terreur et la
désolation au sein de la population kinoise. Après leur champ de
prédilection, à savoir le Rond-point Victoire à Matonge et le
rond-point Ngaba, Kingabwa-Uzam  sur l’avenue de Poids Lourds, est
devenu le haut-lieu des tracasseries policières et d’extorsions et
même de vols. Selon de nombreux témoignages, ils se plantent le plus
souvent à l’entrée principale de l’avenue Kulumba, à côté de la
station- service, aux deux arrêts Uzam (selon que l’on se rend en
ville ou vers le Pont Matete), de même qu’à la sortie (ou entrée) de
la 12ème rue. Comme en territoire conquis, ils interpellent,
traumatisent, agressent, extorquent et pillent, de jour comme de nuit,
tous les paisibles citoyens qui passent par ce coin de la commune de
Limete. Les victimes se comptent par dizaines, chaque jour.
        Vendredi 1er février 2019, à 10 h 20’, le Vicaire de la paroisse
catholique Saint Gonza, le Révérend Père Basile Belesi de la
Congrégation des Capucins, en a fait les frais. Revenant de la
paroisse Saint  Augustin de Lemba, il s’apprêtait à traverser la route
des Poids Lourds, lorsqu’une meute d’éléments du «Bureau 2»  l’ont
interpellé, avant de l’acheminer  de force à leur permanence, un petit
studio mal équipé, dépourvu de cachot, situé juste à côté du poste de
police de Kingabwa-Uzam.
        Sur ordre de leur chef, le pauvre sera fouillé de fond en comble, tel
un malfrat. Son téléphone, sa montre, toutes ses pièces d’identité,
ainsi qu’une somme de 300 $ US et 38.000 FC lui seront arrachés, sans
qu’aucune explication ne lui soit préalablement donnée.
        Pour légaliser leur forfait, comme dans la fable de La Fontaine « Le
loup et l’agneau », le chef et ses acolytes l’accuseront de garder des
photos à problèmes dans son téléphone. Et ce, sans lui montrer une
seule des photos incriminées. Il s’en est alors suivi un
interrogatoire serré sur sa vie et sa profession. Traumatisé après
trois heures de garde-à-vue, le Père vicaire fera appel à son Curé, le
Révérend  Père Romain Wayawaya. Celui-ci se précipitera sur les lieux
pour s’enquérir  de la situation et surtout de l’infraction commise
par son adjoint et jeune collègue dans le sacerdoce.
        Comme si  tout leur était permis, ces fameux éléments du Bureau 2 ont
soumis aux mêmes tracasseries, le Père curé dès qu’il s’est pointé à
ce poste de police, croyant  y trouver des policiers responsables,
soucieux du respect des droits de l’Homme et d’un peu d’égard pour de
religieux catholiques. Après une fouille systématique, ils se sont
également emparés de son téléphone, de sa montre, ainsi que d’un
billet de 100 $ US qu’il gardait dans sa poche. Serein et posé, le
Révérend Père curé a tenu à savoir les raisons de la garde-à-vue de
son jeune collègue. Et, contre toute attente, un chapelet
d’infractions invraisemblables a été retenu contre le Curé de Saint
Gonza qui n’en croyait pas ses yeux. Grief principal retenu à sa
charge : photos.
        Aussi curieux que cela puisse paraître, pour leur libération, le chef
du «Bureau 2» a exigé une bagatelle somme de 400 dollars américains.
Et pour convaincre les deux pères capucins de s’exécuter, les éléments
ont, alors, recouru à l’intimidation et aux menaces d’incarcération,
mieux de transfert de leurs dossiers au Parquet de grande instance de
Matete. Face au dialogue des sourds entre les deux parties, le Père
Romain Wayawaya a dû faire des navettes, sous escorte policière des
éléments de «Bureau 2», au Doyenné de Saint Kizito, à la paroisse
portant le même nom et à la maison diocésaine des pères Capucins à la
12ème  rue, quartier Industriel, dans la commune de Limete, pour
réunir le montant de l’amende.
        Les deux victimes ne rejoindront  la Cure de Saint Gonza que tard
dans la soirée, après plus de six heures de garde-à-vue, très épuisées
et traumatisées par le traitement dégradant et humiliant dont elles
ont été l’objet. En ouvrant leurs téléphones respectifs, elles seront
très désagréablement surprises de constater que les batteries étaient
remplacées. Quelle image ces éléments de Bureau 2 donnent-ils de notre
police qui devrait être proche de la population pour  sa protection et
celle de ses biens ? Dans quelles caisses de l’Etat vont-ils verser
ces sommes d’argent qu’ils récoltent chaque jour ? La RDC est-elle un
pays transformé en jungle, à la solde de certains agents de la police
qui se font du beurre sur le dos de la pauvre population ? Nous y
reviendrons.

 Michel  LUKA

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