King Kester a fait vendre

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kester2Les obsèques organisées  à Kinshasa le week-end  du 1er au 2 mars,   pour honorer la mémoire de King Kester Emeneya  ont mis au grand jour ce qu’était véritablement cet homme qui n’appartenait plus à sa famille biologique.

Aux portillons, s’est bousculé tout le gotha politique, musical et intellectuel   pour rendre hommage à cet adepte d’Orphée. Des officiels de tous rangs sont ainsi venus s’incliner devant la dépouille mortelle de  celui qui aimait s’appeler Kwangolo zonso. Cependant, ce qui a le plus marqué les esprits au-delà de tout protocole,  c’est le côté carnavalesque ou bal populaire qu’ont pris les funérailles.

            Le peuple d’en-bas a rendu à sa manière ses hommages à celui qui passera pour la postérité comme l’un de plus grands sapeurs. Celui qui n’hésitait pas dans ses années de jeunesse  à vanter ses fringues.

            Mettant les petits plats dans les grands,  les environs  du Palais du peuple où le deuil était organisé ont  vu défiler des sapeurs de tous poils, rivalisant chacun d’ingéniosité et d’imagination vestimentaire.

Contraste saisissant, les obsèques de King Kester ont aussi été très lucratives pour tous ceux et celles qui avaient le flair et avaient fait une bonne lecture de l’événement qui avait tenu Kinshasa en haleine.

            Tenez : du côté de l’Upn, vers l’arrêt dit Kingu, une vendeuse de friperies ayant perçu ce qui allait se passer, s’est approvisionnée en cuir dès que  le programme de deuil était connu. Son stock a été vidé comme des  petits pains. Tous ceux qui avaient dans l’âme envie de rendre hommage se sont habillés en conséquence. Bref, les gagne-petit qui n’ont pas pu s’approvisionner dans des boutiques de luxe en ville, ont fait les affaires de tous les vendeurs de friperies.   Comme quoi, même dans l’outre-tombe, l’enfant de Kikwit a laissé une marque indélébile qui lui survivra et le code vestimentaire selon la religion « kitendi » a été scrupuleusement respecté.

VAN

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