Kimbuta déballé : 60 millions de dollars Usd de dettes dans les banques et 14 millions Usd sortis à la veille des élections de 2018

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Les langues commencent à se délier du côté de l’Hôtel de Ville de Kinshasa. En effet, 12 mois après son entrée en fonctions, le gouverneur Gentiny Ngobila vient de faire l’état des lieux. Et cet exercice a eu pour témoins directs des journalistes, c’est-à-dire, des personnes dont la mission principale est celle de « sentinelles » de la société.

Parmi les révélations portées à leur connaissance, il y a d’abord celle faisant état non seulement des caisses vides à la date du 10 mai 2019, mais plus grave, celle de l’existence des dettes chiffrées à 60 millions de dollars américains, dont celle de14 millions contractée en catastrophe auprès de l’UBA, à la veille des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales du 30 décembre 2018.

            Pour un déballage, c’en est vraiment un. Et la cible ? C’est naturellement André Kimbuta Yango, présentement Sénateur, qui avait gouverné la capitale de 2007 à 2018, avant de démissionner en 2019, pour cause d’incompatibilité de mandat. Cet homme, qui avait promis de « gérer autrement Kinshasa » au terme de son élection controversée à la tête de la ville, sur fond d’espèces sonnantes et trébuchantes mais surtout d’alliances contre nature entre le PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie) avec des partis politiques de l’opposition, l’a plutôt laissée dans une situation financière catastrophique, marquée par le lourd endettement ci-haut évoqué, en plus de 36 mois d’arriérés de salaires pour les fonctionnaires de l’administration urbaine et les personnels politiques de l’exécutif et du législatif provinciaux.

            Au passif de Kimbuta, son successeur a cité aussi des recettes fiscales, notamment celles des industries brassicoles et des minoteries, perçues anticipativement pour les exercices budgétaires de 2018 à 2023. D’où, à son arrivée aux affaires, Gentiny Ngobila s’est trouvé en face d’un embargo quasi général des banquiers contre l’Hôtel de Ville de Kinshasa, pour insolvabilité, voire abus de confiance. Son patrimoine immobilier étant presque totalement hypothéqué, la ville de Kinshasa était exclue et interdite de tout crédit auprès de presque toutes les institutions financières de la place, à l’exception de la BCDC (Banque Commerciale du Congo). André Kimbuta, indique-t-on, avait ouvert plusieurs comptes bancaires parallèles qui lui avaient permis de « piller » la capitale sans rencontrer la moindre barrière du côté de l’Assemblée provinciale, l’organe de contrôle de l’exécutif provincial.

            Ce qui dérangeait le plus Ngobila, c’est le fait que les recettes fiscales et parafiscales perçues et consommées de manière anticipative, n’étaient pas signalées dans les écritures comptables. Compte tenu de ce lourd passif financier, il a passé ses douze, de travail à l’Hôtel de Ville à éponger progressivement les dettes auprès des banques ainsi que les arriérés de salaires des personnels politiques. La trésorerie urbaine a donc fonctionné dans la précarité, d’autant que le gouvernement central n’a opéré, en faveur du gouvernement provincial, que cinq « rétrocessions ».

            S’agissant du dossier de 104 magasins pavillonnaires construits par la firme Soficom du Libanais Ghassan au Marché Central, de manière anarchique selon l’autorité urbaine, la décision de leur démolition, prise il y a plus d’un mois, deviendra exécutoire après l’éradication du coronavirus. KIMP

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