Kikwit : coup de théâtre !

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Une semaine vient de s’écouler depuis que la paisible ville de Kikwit a tremblé en l’espace d’une nuit, à la suite de tragiques événements survenus à la Base militaire du camp Ebeya. Magasin d’armement pillé, trois militaires des Fardc abattus, des civils blessés par balles et plusieurs biens emportés par des assaillants dont on ignore jusqu’à ce jour, le nombre exact, l’identité et la provenance : tel est le bilan provisoire des incidents de Kikwit. On attend encore  d’autres éléments pour établir enfin, l’évaluation exacte de l’incursion de fameux agresseurs.

Aux réactions officielles, rappelons la descente du gouverneur Richard Ndambu Olang, à Kikwit, le lendemain des faits, pour rassurer la population et apaiser les esprits. Le gouvernement central n’est pas demeuré en reste.

 L’exécutif de la nation avait dépêché le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité dans cette ville pour apporter le soutien des autorités nationales aux populations de Kikwit, à la suite de l’agression perpétrée par des assaillants non encore identifiés.

            Une semaine après, les choses ne se sont pas toujours clarifiées. Plusieurs versions se bousculaient pendant que la confusion s’accroît sur l’interprétation les événements.

            Le président de l’Assemblée nationale dont on connaît l’acharnement contre la politique de l’autruche au profit de  l’attachement à la vérité et le souci de transparence, a vite fait à son niveau, de convoquer en urgence, une réunion avec les élus de Bandundu, et de dépêcher à Kikwit par la suite, une délégation parlementaire, afin que celle-ci  puisse apporter toutes les informations en sa possession pouvant permettre de tirer cette situation au clair. Evariste Boshab a tenu ainsi à rassembler davantage d’éléments sur les incidents de Kikwit, de manière à mettre à la disposition de l’opinion nationale, toute la vérité.

            Craignait-il d’être désorienté par un seul son de cloche venant du gouvernement central ? Certainement. Toujours est-il que dans ce genre de situation, quand plusieurs versions se font jour, il y a risque de donner à la population, une version avec des éléments tronqués qui souvent ne rassure pas. 

Plusieurs versions sur les incidents survenus à Kikwit 

            Selon les élus de Bandundu, la population est abandonnée à son triste sort par les agents de l’Etat chargés d’assurer sa sécurité.

C’est pour pallier à cette défaillance, a indiqué leur porte-parole l’honorable Lumeya, que les jeunes garçons se sont organisés en groupes d’autodéfense populaires.  A la base de l’insécurité, fait savoir le porte-parole des élus de Bandundu, la population de Kikwit parle de la présence prolongée d’une unité spécialisée des Fardc, en l’occurrence la Garde républicaine. Et de se demander que font-ils à Kikwit pendant plus de six mois ? Il renseigne que ces militaires occupent des hôtels, fréquentent les bars et terrasses sans que les habitants de cette ville ne sachent ce qu’ils font réellement.

            L’honorable Lumeya a confirmé le saccage du siège du PPRD, ainsi que la résidence du président fédéral, par des jeunes gens en furie.

            Quant au bilan, il indique qu’il y a eu trois morts, dont un jeune garçon de 18 ans, fils du commandant de la fanfare militaire de Kikwit, tué au camp Ebeya, et deux filles de 9 ans, blessées par balles aux jambes.

            Le week-end dernier, l’on apprenait avec soulagement, non sans surprise, l’arrestation à Maluku, de quelques assaillants de Kikwit. Ce groupe de malfrats était présenté comme des tueurs des militaires à la Base militaire de la 1ère région militaire. Vite, on se jetait des fleurs en se disant que pour une fois, il faut saluer la célérité avec laquelle les agents de l’ordre du District de Tshangu ont appréhendé ces fameux assaillants.

            Il restait que les enquêtes ouvertes puissent apporter des réponses à toutes les interrogations que l’on ne cessait de se poser à travers Kinshasa, quant à la provenance des assaillants, leur nombre, leur identité, ainsi que leurs motivations.

            C’est ici que les problèmes démarrent. Les suspects arrêtés seraient-ils réellement les tueurs des militaires du camp Redjaf ? 

Des voleurs de bétail dans les filets de la police 

            Selon des informations en circulation dans la capitale, le groupe des malfrats actuellement aux arrêts ne serait qu’une bande des voleurs de bétail.

            Il s’agit de Kazadi wa Kazadi, demeurant sur Route de Matadi n° 120, quartier Badiandingi, Selembao, du chauffeur Nsiala Bisuku, habitant avenue Kanda-Kanda n° 7, commune de Kasa-vubu, et d’Alexis Mayimona Ngwidi, habitant sur avenue Kodia n° 20, quartier 8, Ndjili.  La bande comprend également Charles Nimi Mbonzi, domicilié à Boma, sur avenue Kasaï n° 54, commune de Kalamu et de Kasongo Mugabe, le propriétaire de la Land Cruiser type don de Koweit, châssis court, immatriculée KN 3553 BG, de couleur rouge.

            On indique que Kazadi wa Kazadi, Nsiala Bisuku, Mayimona et Nimi s’étaient rendus la semaine passée, au village Ngunzi surnommé Tshikapa. Et c’est là, sur la Route nationale n°1, à plus de 15 kilomètres du territoire de Kenge que la bande a acheté du bétail volé à bas prix, auprès des membres de leur réseau.

            Après le marché, ils ont embarqué à bord de leur jeep douze chèvres et un mouton et pris la route de Kinshasa. Première barrière, la Land Cruiser rouge a foncé à vive allure. Ce qui a intrigué les militaires postés ce point de passage. Telle était la réaction de leurs compagnons d’armés commis à la deuxième barrière érigée avec des pneus usés.

            La traversée du Pont Kwango s’est faite sans incident particulier. Mais c’est au village Kabuba que les ennuis ont commencé. Car, au passage de la jeep, les agents de l’ordre ont lancé une jante qui cogna l’un des pneumatiques. Non loin de là, la baisse de la pression l’a fait dégonfler.

            A Maluku, les voleurs de bétail ont caché la jeep dans la brousse, afin de remplacer le pneu de rechange loin des regards indiscrets, et dissimuler le butin.

            Entretemps, ajoute notre source, quand les éléments en provenance de Bandundu sont parvenus à une barrière, ils apprendront de ce point de passage que cet engin n’était pas encore passé. D’où ils se sont mis à rechercher les malfaiteurs dans la brousse et sont tombés sur la jeep dont ont dit qu’elle a été ramenée dans la province de Bandundu.

            Kinshasa aussitôt alerté, ont s’est mit à la traque de ces suspects. La police du district de la Tshangu a  organisé alors une battue pour retrouver les quatre malfrats cachés dans la brousse du village Mongata. Cueillis comme des lapins, ils seront présentés dans un premier temps comme les assaillants de Kikwit, étant donné qu’ils venaient de Bandundu.

L’inspection provinciale de la police ville de Kinshasa a décidé d’ouvrir une enquête. Aujourd’hui, des éléments établissent que les quatre malfrats arrêtés à Mongata, ne seraient que des voleurs de bétail.

            Cette nouvelle version permet d’éclairer la lanterne des autorités et de réorienter les recherches. Car, si cette piste se révélait fausse, il y a lieu que toute la lumière comme l’a souhaité Evariste Boshab, soit faite pour éclairer l’opinion et évacuer la psychose de peur qui règne encore à Kikwit.

                                                                                 J.R.T.   

 

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