La Kenyane Abuz Colde, coiffeuse internationale, parle de son métier

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En tournée africaine,  la Kenyanne Abuz Colde travaille avec des coiffeuses pour relever le niveau de la coiffure à travers le monde. Elle cherche à valoriser ce métier, qui selon elle, peut procurer beaucoup d’argent à son pratiquant.  Grâce à ce métier qui permet de
rencontrer et de toucher de grandes personnalités, on peut devenir une célébrité nationale ou de renommée internationale, explique-t-elle.

Elle a une licence en coiffure depuis 2010. Elle travaille dans ce domaine depuis son jeune âge.  Elle a suivi diverses formations pour élargir ses connaissances en coiffure  et dans le secteur de la mode.

Abuz est styliste. Elle est également outillée en maquillage. De passage à Kinshasa, elle nous a accordé une interview.

Q. Comment se déroule votre journée de travail ?
R. Chaque matin, en ouvrant mon salon de coiffure, je  m’assure que je dispose du nécessaire pour la coiffure. Je veille à disposer de quelques gammes d’articles de maquillage et des accessoires de beauté.
Je travaille avec un maquilleur pour donner satisfaction aux clients.
Lorsqu’il s’agit d’une star ou d’une grande personnalité, nous
recouront à son habilleur et demandons à voir au préalable  son
vêtement (la robe), les chaussures, voire les bijoux. Après, nous
prenons en compte la chevelure, la morphologie du visage, la
morphologie corporelle ainsi que ce que le client ou la cliente aime,
et ce qu’elle ou il n’aime pas.
Notre créativité est assez ouverte car je dirai que la chose la plus
importante, c’est surtout de savoir ce qu’elle n’aime pas.
Pour ceux qui savent ce qui leur va et ce qui ne leur va pas, nous
leur proposons plusieurs possibilités. Je travaille avec mon Ipad où
j’ai tout un book avec des photos qui reflètent mon inspiration.
Le grand secret reste d’embellir le cadre pour le rendre chaque jour
attrayant et être soi-même jovial, cultivé, en étant à la page sur les
tendances du moment. Avoir beaucoup de diplomatie avec la clientèle
permet de la fidéliser.  Bref savoir comment soigner son image de
telle sorte que même si le client n’est pas satisfait de la coiffure
proposée, il va revenir, en tenant compte de l’accueil, de l’échange,
de l’ambiance et du cadre agréable qui l’a reçu.
Q. Acceptent-elles souvent vos suggestions ?
R. Il faut être convaincue soi-même pour être convaincante. Il faut
être compétente et outillé pour attirer la clientèle. A partir du
moment où l’on est sûre de soi, nos clients nous font confiance.
Ce métier nécessite beaucoup de psychologie et de relationnel. Dès
les premières minutes où l’on est en contact avec son potentiel
client, le  « Bonjour Madame » ou   « Bonjour Monsieur » donne le ton.
C’est vraiment à nous d’amener l’énergie, la conviction et le
professionnalisme. On doit à chaque instant savoir ce que l’on a à
faire pour que ça se passe bien. La coiffure est une expression
artistique. Ce qu’il faut, c’est chercher comment fidéliser sa
clientèle, comment entretenir les relations.
Q. Echangez-vous beaucoup avec les grandes personnalités ou les
célébrités que vous coiffez ?
R. Je peux procéder par poser deux ou trois questions ouvertes pour me
permettre de savoir si la personne a envie de parler ou non.
Notre rôle consiste à faire en sorte que ce moment de coiffure et de
maquillage soit vraiment un moment de détente et de relaxation pour
nos clients.
Nous les orientons aussi  sur les couleurs de vêtement ou le style
adapté au look choisi.
Q. Quelles sont les coiffures les plus demandées?
R. En général, les clients demandent des looks un peu plus
sophistiqués. Pour moi, c’est toujours intéressant de réaliser ce
genre de coiffures plus travaillées.
Cette année, on retrouve beaucoup de tendances clé, comme le chignon
boule pour les femmes.
On peut choisir aussi les tendances des années 60 ou des coiffures au
glamour ou les coupes simples.
Q. Comment réagissez-vous si le client demande une coiffure qui ne lui
ira pas du tout ?
R. C’est mon rôle d’expliquer ce que je pense être mieux pour le
client. Je dois le lui dire franchement, en lui tenant un bon
discours, en utilisant à la fois de la diplomatie et de la
psychologie. Cela en va de mon expertise et c’est aussi ma
responsabilité. Je tiens toujours compte du fait qu’il y ait une
totale harmonie entre l’habillement (robe, veste et chaussure), le
maquillage et la coiffure. Les autorités civiles et militaires, les
politiciens, les célébrités de la scène, les simples citoyens, enfants
et grands, m’approchent grâce à mon métier que j’ai su développer.
A tous les coiffeurs qui se recherchent encore dans les pays
africains et du Tiers- monde, je leur demande de ne pas minimiser ce
métier. Aux Etats-Unis par exemple l’industrie de beauté génère 265
millions de dollars par an.
CM (CP)

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