Katumbi neutralisé : inculqué pour atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat

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moiseKatumbiDans un communiqué largement relayé par les médias, le cabinet du Procureur Général de la République a confirmé les rumeurs qui circulaient depuis quelques jours autour de la personne de Moïse Katumbi, à savoir son inculpation formelle pour atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat. A cet effet, un mandat d’arrêt
provisoire a été émis à son endroit.

En principe, l’intéressé aurait dû déjà se trouver sous les verrous, dans une prison du pays, à titre préventif, en attendant l’ouverture de son procès.

Mais, la même note du Parquet général de la République signale qu’en raison de son état de santé précaire, il est autorisé à rester sous le contrôle de ses médecins traitants, à Lubumbashi, en prévenu libre. L’on croit savoir que dès que ses ennuis de santé auront été évacués, la justice n’hésiterait pas à se saisir de lui.

L’opinion ignore, à ce stade, si l’instruction pré juridictionnelle de Moïse Katumbi et ses co-prévenus, notamment son garde du corps américain Lewis, ses trois gardes du corps congolais – tous quatre en détention préventive à Kinshasa – ainsi que ses deux chauffeurs, en détention dans l’amigo des services spéciaux à Lubumbashi, a été clôturée. Tout ce que l’on sait est que Lewis et Moïse Katumbi ont été auditionnés, l’un à Kinshasa, et l’autre à Lubumbashi, sans qu’il y ait confrontation entre les deux, comme exigé par le panel des avocats
de la défense.

Bien plus, au moment où leur patron fait l’objet d’un mandat d’arrêt provisoire, ses deux chauffeurs n’ont toujours pas été entendus. S’agissant de Moïse Katumbi lui-même, on se souvient qu’il avait été verbalisé à deux reprises par l’Avocat général Mikobi du Parquet général près la Cour d’Appel de Lubumbashi, le lundi 9 et mercredi 11 mai 2016. La troisième audience, programmée le vendredi 13 mai, n’a pu avoir lieu, en raison des échauffourées qui ont éclaté entre la police et des milliers de sympathisants qui accompagnaient le prévenu. Dans l’entendement de la défense, l’instruction pré juridictionnelle n’a pas connu sa fin normale. Qu’est-ce qui a décidé le Parquet général de la République à passer directement à l’étape du mandat d’arrêt provisoire ? On ne manquera pas de le savoir bientôt.

Vers la « mort » politique de Katumbi
Selon de nombreux analystes politiques, le mandat d’arrêt provisoire
vient de donner un brutal coup d’arrêt aux mouvements de Moïse Katumbi
et à sa liberté de parole. Par conséquent, le candidat déclaré à la
présidence de la République ne pourrait plus tenir une quelconque
réunion politique dans sa résidence ou en dehors de celle-ci, ni
organiser un meeting sur une place publique, ni s’exprimer à travers
les médias.
Neutralisé, il est contraint d’attendre l’issue de son dossier
judiciaire et la décision qui va en découler pour savoir s’il a encore
une chance de s’assumer comme acteur politique. Au regard de la
gravité de l’infraction mise à sa charge, à savoir « atteinte à la
sécurité intérieure et extérieure de l’Etat », il est à craindre une
lourde condamnation de l’inculpé, assortie d’une longue période de
privation de ses droits civils et politiques.
Le message du Parquet Général de la République se veut sans doute une
interpellation de ses compagnons politiques à se méfier d’un allié
présumé coupable de « recrutement de mercenaires étrangers ».     Kimp
COMMUNIQUE OFFICIEL
Le Cabinet de Monsieur le Procureur Général de la République,
subsidiairement à son communiqué officiel du 13 mai 2016, porte à la
connaissance du public que le sieur KATUMBI CHAPWE Moïse, après avoir
été amplement entendu par le magistrat chargé du dossier judiciaire, a
été inculpé du chef d’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de
l’Etat, prévue et  punie par le titre VIII du Code pénal livre Il, et
placé sous Mandat d’Arrêt Provisoire.

Le préqualifié étant actuellement admis dans un centre hospitalier de
Lubumbashi, il lui est cependant loisible avec le concours de ses
médecins traitants de se faire prendre en charge par des institutions
médicales appropriées ainsi que l’a suggéré le médecin légiste requis.

Fait à Kinshasa, le 19 mai 2016

Le Directeur de Cabinet a.i.,
MADUDA MUANDA MADIELA Anselme
Avocat Général de la République

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