Kamerhe : liberté provisoire refusée pour la douzième fois

0
398

Les avocats de Vital Kamerhe sont infatigables. Pour la douzième fois,
ils ont introduit une demande de liberté provisoire, et pour la
douzième fois, leur demande a été rejetée. À juste titre d’ailleurs
car nous avons affaire ici à un condamné formel et non à un prévenu.

S’agissant de la dernière demande de mise en liberté provisoire
introduite au niveau de la Cour d’Appel à l’issue d’une audience à
laquelle le condamné Kamerhe n’a pas comparu physiquement, le rejet
n’a surpris que les avocats du prisonnier qui continuent de soutenir
que leur client serait innocent.

Cette affirmation, on le sait, a été battue, avec la manière, en
brèche en grande instance par les avocats de la République. Au reste,
c’est à la faveur de la démonstration du détournement des fonds
destinés aux maisons préfabriquées que les téléspectateurs de la Rtnc
ont appris à faire désormais la distinction entre le vol et le
détournement. La jurisprudence congolaise en cette matière a été
rappelée à l’occasion et devrait, à partir de ce triste procès, servir
de leçon à tous ces cadres qui orchestrent des détournements mais en
prenant soin d’exposer uniquement leurs collaborateurs.
        De l’avis général, le marché des maisons préfabriquées reste un vrai
scandale. La défense de Jammal s’est récemment chargée de nous le
rappeler en révélant que le libanais n’aurait finalement touché que 3%
de la somme libérée. Au cas où cette dénonciation se révélerait
fondée, il convient de s’interroger sur la destination prise par les
97% manquants. Pourquoi, depuis que cette dénonciation a été faite,
les audiences en appel peinent-elles à se dérouler ?
        En tout état de cause, une chose est sûre, l’argent est sorti des
caisses de l’Etat pour un résultat qui révolte. Pius Muabilu, ministre
d’Etat en charge de l’Urbanisme et Habitat qui a récemment fait un
tour au camp Tshatshi où sont érigées les maisons préfabriquées, a
dénoncé le tripatouillage qui a caractérisé l’exécution de ce marché
où tout est presqu’a refaire.
Alors, soutenir comme le font certains culottés, qu’il n’y a pas eu
détournement, c’est insulter l’intelligence collective. Et solliciter
à l’infini la liberté provisoire pour des individus impliqués jusqu’au
cou dans le dossier c’est militer pour une descente infinie aux enfers
de la République.
Quand on a posé des actes contraires à la morale, on doit avoir le
courage de s’assumer.
L.P.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •