Kamerhe-Jammal : vers la disjonction des causes

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Le jugement en appel de Vital Kamerhe Lwa Kanyingini et Samih Jammal, tous deux condamnés à vingt ans de travaux forcés au premier degré par le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, tarde à se concrétiser à la suite de la non saisine de la partie civile. La responsabilité de cette opération, selon la tradition bien de chez nous, incombe à la partie qui a formé l’appel et il s’agit, dans le cas d’espèce, de la défense de Vital Kamerhe.

            Aux dernières nouvelles, il y a peu de chance que l’audience prévue à la date du 18 septembre prochain puisse avoir lieu. Aucune normalisation de la procédure n’a encore été enclenchée à ce jour et rien ne permet de croire que quelque chose sera faite dans ce sens d’ici le 18 septembre 2020.

            Les seules informations disponibles à ce stade sont celles de la maladie supposée de Vital Kamerhe et selon ses proches, ils ne voient pas comment un malade peut être  obligé de comparaître devant les juges. En clair, il faut s’attendre à de nouvelles prolongations sans que l’on comprenne très bien dans quel intérêt une telle stratégie a été adoptée.

            Mais si les reports répétitifs arrangent la partie Kamerhe, tel ne semble pas être le cas pour l’autre condamné, Samih Jammal qui, avec ses 82 ans d’âge, tient absolument à obtenir une révision de sa peine. C’est pour cette raison, sans doute, que sa défense a changé de stratégie et s’apprête à verser au dossier des éléments nouveaux destinés à convaincre les juges de sa bonne foi dans l’exécution du marché des maisons préfabriquées.

            Dans une interview accordée à une radio périphérique, l’un de ses avocats a récemment révélé que sur les cinquante-sept millions de dollars décaissés par la Banque Centrale du Congo et que Jammal reconnaissait jusqu’ici avoir encaissés, c’est en réalité 3% de la somme qui auraient atterri dans sa caisse ! Le pavé est énorme. Il faut maintenant l’articuler devant les juges et expliquer comment l’argent viré sur son compte a pu prendre d’autres destinations. 

            Face à la stratégie des prolongations adoptée par la partie Kamerhe, la seule possibilité pour Jammal de gagner du temps et d’exposer publiquement sa vérité est d’obtenir la disjonction des causes. C’est la voie qui semble désormais privilégiée pour permettre au vieil homme de décharger sa conscience en disant enfin toute la vérité et rien que la vérité.

L.P

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