Kabila donne raison à Tshisekedi

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L’acte de décès de l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) a été officiellement signé le mercredi 16 mars courant à Kingankati, à la ferme présidentielle située dans la banlieue Est de Kinshasa. Un nouveau label a été adopté pour la circonstance : Majorité Présidentielle (MP), nous apprend notre confrère Le oft, qui a donné l’information en exclusivité dans sa livraison du jeudi 17 mars. A en croire les conclusions auxquelles ont abouti les participants, sous la haute surveillance de leur « Autorité morale », nous avons cité Joseph Kabila Kabange, l’AMP était un fourre-tout où se côtoyaient aussi bien les partis et regroupements politiques ayant une réelle assise populaire que ceux dits « alimentaires ».

 

    Désormais, la famille politique du Chef de l’Etat devrait fonctionner comme un club fermé, réservé aux formations et leaders politiques alignant au moins cinq députés nationaux et cinq provinciaux. En plus, leur présence sur le terrain devrait être suffisamment attestée. Son Secrétariat Général, qui remplace le Secrétariat Exécutif dissous, devrait être animé par des détenteurs des mandats électifs.

    En fait, la Majorité Présidentielle ne veut plus trimballer des « bois morts », comme c’était le cas depuis 2006, année de sa création. Les stratégies électorales obligent Joseph Kabila à opérer une sélection « naturelle » de ses alliés politiques. On croit savoir que le tralala des adhésions hebdomadaires avec des partis de mallette et des leaders sans « base » est terminé. Il est permis de croire que le PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie), qui se considère comme le parti-phare de la Majorité Présidentielle, va cheminer, dans sa quête d’un nouveau mandat pour son « Autorité morale », aux côtés des partenaires politiques justifiant d’une existence effective à Kinshasa comme dans le Congo profond.

 

Tshisekedi a montré la voie

    Il y a quelques semaines, l’idée d’un front commun de l’opposition congolaise et d’une candidature unique à soutenir à l’occasion de l’élection présidentielle a fait l’objet d’une vive controverse. Pour avoir posé des préalables à tout partenariat avec un parti ou un leader revendiquant son appartenance à cette sensibilité politique, Etienne Tshisekedi a soulevé plus de tollé de protestations, paradoxalement, dans les cercles politiques de la majorité au pouvoir qu’au sein de sa propre famille politique.

    Selon certains analystes de la majorité présidentielle, l’opposition était fortement divisée, voire menacée d’implosion. Pour avoir exigé des critères de popularité, de représentativité, de constance, de compétence, d’honorabilité, etc… aux prétendants au statut d’opposants, pour avoir clamé tout haut son refus de s’associer à des partis et leaders fantomatiques, le président national de l’UDPS était traité de tous les noms. Certains sont allés jusqu’à l’accuser de se comporter en dictateur, en messie au sein de l’opposition.

    Mais, à la lumière de la restructuration qui vient de toucher l’AMP, force est de constater que Joseph Kabila a agi exactement comme Tshisekedi. Il refuse de s’appuyer sur des fossiles au sein de l’AMP, au risque d’être désagréablement surpris lors des échéances électorales. Kabila a fait le constat amer selon lequel l’AMP n’était jusque-là qu’un colosse au pied d’argile.

 

Majorité présidentielle et Opposition : mêmes stratégies électorales ?

    Le constat à faire, sur la ligne de départ, est que la Majorité Présidentielle comme l’Opposition se trouvent à l’étape de la revue et du contrôle des effectifs. Le nettoyage des écuries a commencé. L’une et l’autre viennent de dresser des garde-fou contre les aventuriers politiques, ces opportunistes de la 25me heure, incapables de mobiliser sur le terrain mais prompts à revendiquer des dividendes politiques dès que ceux qui auront réellement mouillé le maillot auront arraché la victoire.

    Dans un camp comme dans l’autre, l’on veut s’assurer que ceux qui vont prendre la barque de Kabila ou de Tshisekedi sont dignes de confiance et en mesure de leur apporter, au niveau des urnes, les voix dont ils ont grandement besoin pour conserver ou conquérir le fauteuil présidentiel.

    Tout compte fait, c’est de bonne guerre. La rigueur affichée par l’un et l’autre dans le choix de leurs partenaires politiques pourrait permettre l’assainissement de l’espace politique par la « mort subite » des fantômes – hommes et femmes- qui ne représentent rien. Qui représente quoi ? La question va continuellement être à l’ordre du jour, du côté de la Majorité Présidentielle comme de l’Opposition.

            Kimp

 

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