Jean Louis Ernest Kyaviro réplique à Elikya M’Bokolo et met les points sur les “i” : s’il vous plaît, ressaisissez-Vous !

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Professeur, Mes Respects !

Ayant appris avec stupéfaction votre adhésion au F.C.C, acte qui a
été poursuivi par la clameur publique, je viens de  lire votre
réaction devant cette levée de boucliers et j’en suis profondément
déçu.
En effet, non seulement vous semblez croire en cette organisation,
mais vous alignez des affirmations qui jurent avec votre grande
instruction, allant jusqu’à traiter les observations les plus
sérieuses de « bruits ».

Professeur ;
Il y a une chose qui semble vous échapper : c’est par amour que vos
compatriotes ne veulent pas vous voir prendre la mauvaise voie, celle
qui risque de ternir votre brillante carrière.
Comme apparemment vous ne comprenez pas ce qui est à l’origine des
condamnations de votre engagement politique derrière KABILA, je vais
vous dire ce qui personnellement m’a étonné :
1. Votre soutien à une plateforme qui est née en violation de la
Constitution. Pour rappel, c’est dans un Conseil des Ministres, cadre
qui traite des affaires de l’Etat, que cette coalition qui certes
comprend des membres du Gouvernement a pris naissance, fait qui a été
sévèrement condamné par nous dans les médias, car ceci était indigne
d’un garant de la Constitution et nous menait tout droit vers une
logique de parti-Etat. Qu’une  sommité scientifique de votre rang
entérine une telle dérive juridique et morale me dépasse. Comment ce
savant peut-il soutenir le fruit d’une somme d’irrégularités alors
qu’il est censé conseiller et servir d’exemple à nos dirigeants ?
Telle est la question qui déchire nos cœurs, professeur.
2. Vous affirmez qu’il s’agit d’un cadre de réflexion auquel vous avez adhéré.
Ici j’ai envie de vous demander de quel cadre de réflexion il s’agit
quand tout tourne autour d’un individu qui, du reste, n’a jamais rendu
public le moindre condensé de sa pensée politique, ni les bases de ses
orientations idéologiques, moins encore la justification de ses
agissements qui sont continuellement décriés. Professeur, qu’allez
vous amener de plus comme débat quand tous ceux qui ont osé aller dans
ce sens depuis L’AMP ont été désenchantés ?
Si vous l’avez oublié, la liberté est tellement réduite dans ce
groupe que même les députés sont contraints, par menaces et corruption
de voter contre leurs consciences, de sorte que le contrôle
parlementaire est moribond.
J’aimerais voir comment vos idées seront plus tolérées que celles des
LOKONDO et autres qui sont taxés de « rebelles » juste pour leur souci
d’objectivité.

Comment votre esprit cartésien va-t-il supporter cet environnement
monolithique ?
-vous apprendre de ce groupe au vu de sa gestion du pays, de son
comportement, de ses violations des normes et de son incapacité à
respecter ses engagements ?
En d’autres termes, voulez-vous me dire que vous acceptez les gaz
lacrymogènes dans les maternités, les arrestations arbitraires, les
meurtres des dizaines des manifestants dont ROSSY MUKENDI, THERESE
KAPANGALA etc, le refus d’une inhumation digne à l’ancien Premier
Ministre Etienne TSHISEKEDI, les fermetures des assemblées
provinciales par des messages phoniques, la persécution de la LUCHA
et les procès bidon ?
Voulez-vous couvrir de votre toge doctorale le fait que votre
collègue ministre de l’intérieur, professeur de son état, ait signé
une liste de partis politiques où deux partis, nés avec 19ans de
différence, ont la même adresse et sont autorisés à fonctionner avec
le même arrêté d’enregistrement ?
Professeur ! Vous voulez-vous nous faire croire que pour vous, il est
normal qu’après 50  horribles massacres terroristes à BENI étalés sur
4 ans et qui se poursuivent, votre Guide n’ait décrété qu’un seul
deuil National ?
A vrai dire, j’ai envie de vous dire mon étonnement quand vous
profanez votre illustre nom en soutenant des choses comme l’existence
des partis ouvertement dirigés par des ministres  et même le Premier
ministre, en violation de l’article 97, avec la complicité passive du
garant du respect de la Constitution qui, lui-même, laisse les cadres
du PPRD l’appeler Président en violation de l’article 96 de la
Constitution qui lui interdit de diriger un parti politique.
Professeur, trouvez-vous étrange que les gens et le monde s’étonnent
de vous voir renforcer ceux qui, de manière solennelle devant le monde
entier,  ont signé de libérer des partenaires victimes de poursuites
politiques et qui affichent à présent leur volonté de ne pas respecter
leur parole et leurs signatures ?
Professeur, seriez-vous soumis à la logique de « paix » qui consiste
à payer d’une étoile de général un BOSCO NTAGANGA recherché par la CPI
pour avoir massacré des centaines de Congolais, offrir une vie de luxe
à Lubumbashi à un Gédéon KYUNGU qui a massacré les Katangais, mais
s’acharnent contre un KATUMBI qui a tant soit peu contribué à l’essor
du pays ?
Professeur, êtes-vous satisfait des conditions dans lesquelles vivent
les 80 millions des Congolais, des difficultés de transport, de la
fiscalité de prédation, de la corruption endémique, de la faim, de
l’insécurité, du manque d’eau, de la rareté du courant, de
l’inapplication du SMIG ?
Professeur, trouvez-vous normal que votre leader laisse ses partisans
faire sa campagne pour la prochaine présidentielle en violation des
normes et de sa parole sans réagir ?
Professeur, comment pouvez-vous vous, en tant qu’historien, vous
ranger derrière des faussetés du genre : « Le Congo n’a jamais donné
des leçons à personne et n’entend pas en recevoir ».
Professeur, vous souvenez-vous des discours de Lumumba, de MULELE, de
Gizenga, de Mobutu notamment à l’ONU et de Laurent Désiré KABILA, pour
ne pas citer Joseph KABILA, quand il a exigé plus de pression sur ceux
qui déstabilisent la région du haut de la tribune de l’ONU.
Comment et pour quel intérêt pouvez-vous vous lier avec des ministres
qui scandalisent régulièrement le monde par des injures publiques, des
bagarres au cabinet, des jets d’argent en pleine rue… ?
Croyez-vous que votre place est aux côtés de ceux qui ont revendiqué
la destruction d’un avion civil à la RFI en 1998?
En tout cas, la plupart des Congolais croient que non.
Par ailleurs, je suis étonné que vous évoquiez vos diplômes et votre
fortune quand on vous attaque d’abord sur le plan éthique.
C’est sur le plan de la moralité publique que le bilan de vos
nouveaux amis est catastrophique en effet et que les Congolais ne
veulent pas vous voir chez eux.
Je suis surpris que vous puissiez brusquement avoir confiance à un
régime qui régulièrement ne respecte pas ses paroles, qui réserve aux
veuves des militaires tombés aux champs d’honneur un traitement de
misère.
Que croyez-vous pouvoir changer chez ceux qui affichent leur souci
d’amasser les avantages liés au pouvoir ?
Qu’allez-vous, professeur, changer dans la tête de ceux qui veulent
utiliser votre image pour éclairer un tableau obscurci par de grosses
gaffes qui ont fait mourir des milliers de Congolais ?
Dites-moi sincèrement : vous voulez partager le bilan de la MP en
dernière minute ?
Professeur, votre situation inquiète d’autant plus qu’on a du mal à
identifier ce que vous pouvez gagner de cet attelage disparate que
vous formez désormais avec ceux qui ne voient que le pouvoir, l’argent
et la gloire.
Enfin, vous-vous présentez comme un esprit indépendant : dans ce cas
vous devez vite quitter ce camp qui est avant tout politique, où toute
résistance à la pensée unique a coûté cher à plein de gens.
Professeur, je vous en conjure, nous avons été près de ce pouvoir,
nous avons proposé, conseillé, supplié : rien n’a changé dans le
comportement !
Souvenez-vous de MBUSA NYAMWISI, de Freddy MATUNGULU, de Pierre LUMBI,
de Charles MWANDO NSIMBA, de Christophe LUTUNDULA, de Venant
THSIPASA…un moment ils ont cru que les choses pouvaient évoluer, mais
aujourd’hui, tout le monde connait la vérité : aucun conseil n’est le
bienvenu, tout est parfait !

Que vient faire l’enseignant là où les leçons ne sont pas les bienvenues ?
Alors, avant qu’il ne soit trop tard, je vous en prie,
ressaisissez-vous : quittez le FCC.
Sinon, vous risquerez de me rappeler ces propos de l’un de mes
enseignants : « Jeune homme, évitez au maximum de profaner votre
science, car rien ne sent plus mauvais qu’une toge de docteur pourrie
par la corruption. »
Salutations Patriotiques.

Fait à OICHA, territoire de BENI, Nord –KIVU, RDC, le 23 juillet 2018

Jean-Louis Ernest KYAVIRO
Citoyen Congolais.

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