Jean Joseph Mukuta : « Si l’argent investi dans l’achat des véhicules, est investi dans l’agriculture, le Congo va gagner»

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En marge de la Journée Internationale du Café et du Cacao célébrée chaque 1er octobre, le ministère de l’Agriculture, en collaboration avec CIPA-RDC et Onapac , a organisé une journée d’échanges le samedi 10 octobre 2020 à l’Hôtel du Fleuve, dans la commune de la Gombe.  Ces échanges  autour du thème  «  la nouvelle génération du café et cacao » ont permis d’examiner les voies et moyens de relance de la filière Café-Cacao en République Démocratique du Congo. Des discussions entre panélistes autour de plusieurs sous-thèmes, il s’est dégagé le bien-fondé de la production, transformation et la consommation  de ce qui est produit localement.

            Profitant de l’occasion, Jean Joseph Kasonga Mukuta, ministre de l’Agriculture, estime que l’heure a sonné pour faire la revanche du sol sur le sous-sol.  «C’est  avec l’agriculture que toutes les grandes nations se sont développées.  Il est temps que nos enfants mangent nos chocolats. Il n’y a rien que compliqué pour arriver à cela. Il suffit d’une volonté collective et les choses marcheront. Cette journée doit constituer un moment de réflexion pour tous. Il est vrai que la Covid-19 a perturbé beaucoup de choses mais il faut prendre conscience. Le gouvernement est disposé à apporter son accompagnement dans cette filière comme il a déjà fait avec le manioc. Si l’argent investi dans l’achat des véhicules est investi dans l’agriculture, le Congo va gagner. Il faut encourager les paysans dans leurs activités. Les milliardaires auxquels avait fait allusion le Président de la République, Felix Tshisekedi, sont au sein de la population».

            En ce qui concerne le  café, le secrétaire exécutif du conseil interprofessionnel pour la promotion de l’agriculture, Selemani Tuena Mwamba, a fait savoir que 2,5 millions de tasses sont consommées dans le monde chaque jour.  Selon lui, le café reste la deuxième boisson la plus consommée dans le monde après l’eau. Il est  le produit le plus exporté après le pétrole. Avec une demande sans cesse croissante, la filière café est génératrice de revenus pour les Etats producteurs mais aussi une culture importante pour le changement de vie.

            Le cacao quant à lui, avec  plus de 5 millions des planteurs et une demande toujours croissante des pays émergents, a besoin d’une industrie de transformation locale pour récupérer la valeur ajoutée.  Il a précisé qu’à travers la célébration de cette journée, la RDC honore ceux qui évoluent dans ce secteur. Avec  le thème retenu tout au long de ce mois d’octobre, Selamani Tuena Mwamba  a  évoqué l’intégration d’une  nouvelle génération de jeunes entrepreneurs, la protection de l’environnement  et le développement d’une économie durable et équitable.

Jeune entrepreneure congolaise et  détentrice d’une plantation de café dans la commune de Mont-Ngafula, Titia Mukuna,  dans son témoignage, a  souligné que  rien n’est impossible pour produire du café à Kinshasa.  Elle-même a tenté l’aventure et, actuellement, son produit se trouve déjà sur le marché congolais. Son vœu reste de voir le café made in DRC commercialisé en dehors des frontières nationales.

            Représentée par son Président National, Emmanuel  Nzugize, la CIPA a fustigé le fait que les exportations du café congolais n’occupent plus la place qui était la leur dans les 1970 et 1980.  Cet effondrement du secteur du café a eu un impact négatif sur l’économie nationale des zones rurales.  Cette situation désastreuse  est aussi constatée  avec le  Cacao. Elle est passée de trois cents exportateurs à  une vingtaine actuellement.  Le temps est donc venu, après tant d’années, d’encourager une nouvelle génération, à  réfléchir sur les stratégies de relance de ces secteurs car, ces produits sont très importants dans le domaine économique.  Le bénéficiaire de cette stratégie de relance sera évidemment l’Etat.

            Voilà qui a justifié l’appel lancé par le Directeur Général d’Onapac  consistant à une restructuration et redynamisation de la filière Café-Cacao.

Yves Kadima

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