Jean-Claude Masangu  donne ses pistes pour l’expansion des dépôts

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masangu-mulongoAux problèmes cruciaux qui se posent à notre continent, on a souvent tort de croire que les solutions viendront d’autres horizons. Si dans le temps, on proposait à l’Afrique, des thérapeutiques importées et des remèdes issus des laboratoires internationaux et qui dans la plupart des cas, se sont révélés inadaptés aux réalités africaines, force est de constater qu’aujourd’hui, des têtes pensantes sorties de nos villes, de nos universités et autres centres de recherche, apportent une vision plus réaliste et des solutions pragmatiques aux difficultés auxquelles sont confrontés les pays africains.
La semaine dernière, appelé à éclairer la lanterne des membres du Club des dirigeants des banques et des établissements de crédit d’Afrique, sur le boom de la classe moyenne africaine, Jean-Claude Masangu a esquissé  des perspectives pour préparer les économies africaines à l’expansion des dépôts. Ce sujet dont l’intérêt n’est pas à démontrer, suscite de nombreuses réflexions et alimente des débats dans les milieux financiers.
Par sa longue expérience managériale de notre institut d’émission, Masangu Mulongo a braqué son regard rétrospectif sur la période de 1997 à ce jour. Une longue période qui a débuté par deux décennies de dés-intermédiation financière allant de 1980 à l’an 2000. Ouvert sous le signe de l’espoir, sous son leadership, le chantier de la ré-intermédiation a exigé de gros efforts d’assainissement, de restructuration, de modernisation et d’introduction de nouveaux produits et de services financiers, avec des efforts de pénétration dans l’arrière-pays.
De 1997 à 2014, le nombre d’institutions financières et d’établissements de crédits est passé de 39 à 237. En leur sein, on compte 18 banques, 119 coopératives d’épargne et de crédit. Le taux de bancarisation en dessous de 2 % en 1997, se situe à ce jour, à 8,7 % sur une population de 70 millions d’habitants.
Dévoilant des chiffres sur le nombre des comptes, le gouverneur honoraire de la BCC note qu’il est passé de 100.000 à 10,7 millions entre 1997 et 2014. Quant aux volumes des dépôts et de crédit à l’économie, ils sont passés de 97 millions de dollars à 3,364 milliards et de 48 millions à 2,032 milliards.
Après avoir évoqué le phénomène de Mobile banking introduit en 2012 et qui a brassé en 2014, 31 millions de dollars en moyenne, il est persuadé que ce volume est appelé à croître dans les années à venir avec le développement des services financiers.
Pour lui, il n’y a pas eu expansion des dépôts, mais une explosion avec un accroissement de 3.468 %. Ce qui augure de belles perspectives de croissance du continent africain. Sur base d’un diagnostic du secteur financier, une synergie doit réunir les décideurs politiques, les régulateurs, les bailleurs de fonds et autres partenaires au développement, des chefs d’entreprises, auxquels il faudrait associer des dirigeants de banques et des établissements de crédit.
Cette piste de solution reposerait sur le développement du système national de paiement et sur la nécessité d’avoir une bonne transparence et lisibilité du secteur financier dans son ensemble. Tout ceci aurait comme facteur d’accélération, les nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Pour ce consultant international, l’Afrique est sur la voie de cette expansion, au regard de l’expérience congolaise, et devra renforcer la gouvernance, dresser la cartographie de sa classe moyenne, tenir ses données statistiques régulières.
J.R.T

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