J-P. Bemba : dangereux blocage !

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Le Mouvement de Libération du Congo (MLC) accuse un retard considérable, par rapport à ses adversaires politiques, dans les préparatifs des échéances électorales de 2011-2013. Le constat est fait par un groupe de cadres de ce parti, en l’occurrence des députés et des sénateurs. Selon eux, la source du blocage n’est autre que le flou entretenu autour des ambitions politiques du président national, Jean-Pierre Bemba, dont pourtant la situation politique et juridique est connue.
Une rapide clarification de son statut s’impose. En clair, les auteurs du mémorandum adressé au Secrétariat général du parti demandent deux choses : la reconnaissance officielle de l’inéligibilité du « Chairman » et la convocation, toutes affaires cessantes, du 2me Congrès.
De nombreux observateurs pensent que l’ombre de Jean-Pierre Bemba est en train de peser négativement sur la pré-campagne électorale du MLC.

Pourtant, personne n’ignore, au sein du corps des cadres autant que des militants du Mouvement de Libération du Congo, que l’intéressé est disqualifié du processus électoral en cours tant qu’il reste justiciable de la Cour Pénale Internationale. Logiquement, son parti aurait dû déjà faire l’état des lieux et fixer les nouvelles règles du jeu politique à observer en tenant compte des ennuis judiciaires de Jean-Pierre Bemba.

A en croire plusieurs sources proches du MLC, l’idée de prendre acte de l’empêchement politique qui frappe le « Chairman » hanterait de nombreux cadres et militants mais que tout le monde aurait peur de prendre l’initiative, au risque d’être accusé de se réjouir des malheurs du président national.
L’attentisme général a pour conséquence l’abandon progressif du terrain électoral aux partis et regroupements politiques qui se sont déjà mis en ordre de bataille. En tout cas, le MLC se fait de plus en plus aphone à l’heure où tous les « poids lourds » politiques de la République Démocratique du Congo sont occupés à donner de la voix.

A présent qu’un groupe de députés et sénateurs a pris le courage de poser ouvertement le problème de l’avenir politique du MLC au Collège des Fondateurs et aux membres du Bureau Politique, l’interpellation appelle une réponse claire et diligente. Si le parti n’arrive pas à lever le voile autour de l’évidence de la non participation de Jean-Pierre Bemba à l’élection présidentielle, il y a lieu de craindre que certains cadres prennent leur distance en traversant la rue ou en mettant sur pied leurs propres formations politiques.
En effet, dans le contexte actuel du souci de chaque élu de se battre pour le renouvellement de son mandat, le MLC risque d’imploser s’il continue de prendre en otage son personnel politique.

L’après-Bemba a commencé depuis mai 2007. Il serait anormal qu’après quatre ans de fonctionnement sans son maestro, cette machine politique et électorale ayant sérieusement secoué la scène politique congolaise se grippe. La belle page d’histoire du MLC, ouverte depuis l’époque de la rébellion (1998-2003), en passant par le régime transitoire du 1+4 (2003 – 2006) et marquée par une mémorable démonstration de force lors des scrutins présidentiel, législatif et sénatoriaux de 2006-2007, sans oublier ses précieuses contributions aux débats du Sénat et de l’Assemblée Nationale, ne mérite pas d’être close de manière brutale.

Pour sauver le MLC, il faut absolument que ses dignitaires encore en liberté regardent bien en face la dure et triste réalité de l’incapacité de Jean-Pierre Bemba à participer à la compétition électorale de 2011. Plus tôt les différents prétendants aux mandats électifs seraient soulagés de la gêne que produit le non retrait de la candidature annoncée du « Chairman » de la course présidentielle, mieux cela vaudrait pour la manifestation non hypocrite des ambitions politiques, à tous les niveaux.                     

   Kimp

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