intox autour des surgelés : pas de « Mpiodi » pourris à Matadi ni à Kinshasa !

0
91

Les spéculations continuent d’aller bon train autour des stocks des chinchards pêchés aux frais du gouvernement dans les eaux namibiennes de l’Océan Atlantique, en vue d’approvisionner la ville de Kinshasa, en prévision des fêtes de fin d’année. Les dernières nouvelles, fausses sur toute la ligne, font état de grandes quantités de chinchards ou « Mpiodi » qui seraient en train de pourrir dans un navire au mouillage au port de Matadi, et d’autres dans des dépôts à Kinshasa.

Cette situation serait liée, raconte-t-on, au refus des responsables de la société « Egal » de mettre leurs chambres froides ainsi que leurs camions frigorifiques à la disposition du gouvernement. Certaines langues soutiennent même que les fameux stocks des chinchards n’existeraient que dans la tête du ministre de l’Economie nationale et ses collaborateurs.

         Contacté par Le Phare, le Secrétaire général à ce ministère, Célestin Twite, a bien voulu accepter d’apporter les précisions requises à ce sujet. S’agissant d’abord des « Mpiodi » qui seraient en état de décomposition dans un navire ayant jeté l’ancre au port de Matadi ainsi que des dépôts de la capitale, il a martelé que rien n’était plus faux. L’interlocuteur du journal a tenu à confirmer d’abord l’arrivage au port de Matadi des chinchards en provenance de Namibie et le transport progressif des stocks à Kinshasa, par les soins des camions frigorifiques de la société « FC Congo », dont les installations frigorifiques se trouvent à Kinshasa.

         Célestin Twite a soutenu avoir personnellement supervisé l’arrivée 12 containers de « Mpiodi » le mercredi 1er décembre 2021 à bord des camions frigorifiques de la firme précitée, porteurs d’un total de 1.130 de chinchards. Toute cette cargaison est entreposée dans les installations de « FC Congo », dans des conditions de conservation répondant aux normes requises.

         C’est la société Gecotrans, a-t-il indiqué, qui était chargée des formalités de dédouanement, à Matadi.

         Pour ce qui est du prétendu refus de la société « Egal », de céder ses installations au gouvernement pour le stockage de la cargaison, le Secrétaire général au ministère de l’Economie s’est dit surpris par pareille assertion car les chambres froides lui attribuées sont en réalité une propriété de la société Ledya, dont elle était locataire. Et le contrat de location a été résilié depuis belle lurette, a-t-il précisé. L’autre précision donnée par Célestin Twite est que Ledya a accepté de collaborer avec le gouvernement et donc de mettre ses installations et ses camions frigorifiques à sa disposition.

         Parlant des chambres froides de Ledya, il a signalé qu’elles sont capables d’accueillir la cargaison d’un navire, ce qui tort le cou aux rumeurs faisant état de manque d’installations frigorifiques à Matadi comme à Kinshasa.

         Interrogé au sujet des prix qui seront appliqués sur le marché, le Secrétaire général à l’Economie Nationale a laissé entendre qu’une commission ad hoc est appelée à en discuter, compte tenu de la hausse des coûts des frets sur le marché international. Il a toutefois garanti aux consommateurs congolais des prix accessibles aux bourses modestes, dans la fourchette d’environ 40% de réduction par rapport à ceux appliqués présentement.

         En réponse à une question sur le recours aux importations alors que la côte Atlantique, le fleuve Congo, les lacs et les rivières du pays regorgent de quantités inestimables de poissons, Célestin Twite a reconnu que l’idéal serait l’organisation des campagnes de pêche en interne pour la consommation des poissons congolais. Mais l’urgence de l’heure dictée par  les fêtes de Noël et de Bonne Année, a contraint le gouvernement à parer aux besoins immédiats, en prenant en location des bateaux de pêche de Namibie et d’Afrique du Sud. Mais sur le long terme, le gouvernement va s’investir dans le schéma de la pêcherie industrielle locale, avec ses propres bateaux, ses propres installations et camions frigorifiques, sans oublier l’aménagement des routes pour le transport des poissons.

                                     LP

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •