Installation des comités syndicaux de base dans 100 écoles catholiques de Kinshasa

0
88
En avant plan de droite à gauche en chemise verte un enseignt en conversation avec des élèves habillés en bleu blanc devant le batiment d'une école à Kinshasa Radio Okapi Ph John Bompengo

Les travaux de l’assemblée générale du Syndicat National des Enseignants des Ecoles Conventionnées Catholique du Congo (Synecat), organisés par la synergie des syndicats des enseignants de la RDC (Synecat-CCT-FA-Synep-Cofevid) sur les deux modules, à savoir le leadership syndical et les missions syndicales du syndicat, se sont clôturés, vendredi 5 mai 2019, au « Centre  Libala Muinda » dans la commune de Limete.  Cette installation vient de rallumer le feu du combat syndical pour redynamiser les activités du Synecat avec plus de 500 membres des comités syndicaux de base. En sus, deux grandes rencontres sont prévues, à savoir le 12 avril prochain  avec le syndicat indépendant de l’administration publique, et le 30 avril avec les enseignants. Une grande assemblée générale est projetée à la rentrée des vacances de Pâques pour statuer sur l’attitude à prendre à la rentrée-scolaire 2019 -2020.

                                                                                                         Jean-René Ekofo

Déclaration Syndicale des Enseignants

Réunis en Assemblée Générale des Enseignants, le vendredi 05 avril 2019, le Syndicat National des Enseignants des écoles conventionnées Catholiques du Congo « SYNECAT » en sigle, a procédé à l’installation officielle des membres des comités de base auxquels une formation syndicale leur a été assurée sur le leadership syndical et les missions syndicales du Syndicat. Cette activité syndicale vise essentiellement la redynamisation du SYNECAT pour une efficacité des actions syndicales à amener dans l’intérêt supérieur des Enseignants en République Démocratique du Congo.  Au cours de cette assemblée Générale, des préoccupations majeures ont été soulevées à savoir :

– La problématique de la Mutuelle de santé des enseignants;

– Le manque à gagner de 50.000 FC des Enseignants des mois d’Aout et septembre 2017 ;

– Le conflit de compétence persiste entre le MINEPSP et le  MINFPMA ;

– La gratuité de l’enseignement au cours de l’année scolaire 2019-2020 ;

– La mise en place d’une caisse de retraite des Enseignants ;

– Le nouveau statut barémique des Enseignants et la régularisation de la situation des Enseignants NP.

Après examen de toutes ces questions par les Enseignants réunis en Assemblée Générale extraordinaire, il se dégage les constats suivants :

1. S’agissant de la Mutuelle de santé des Enseignants

Fort est de constater que depuis le 23 novembre 2018, le Conseil des Ministres siégeant sur cette question sous la direction de l’Ancien Président de la République avait décidé de restituer la mutuelle de santé des Enseignants à ses vrais membres d’une part et de poursuivre les prédateurs en justice d’autre part. Cette volonté a été relayée par l’actuel Chef de l’Etat le 02 avril 2019 lors du lancement de programme d’urgence des 100 premiers jours, les enseignants sont étonnés de constater que ce dossier sensible n’ait pas encore trouvé un aboutissement heureux.

2. S’agissant du manque à gagner de 50.000 FC non payé aux enseignants, les Enseignants constatent qu’ils sont abandonnés à leur propre triste sort nonobstant les travaux de BIBWA convoqués par le Gouvernement de la République et qui se sont clôturés sur fond de ruse et de la démagogie ;

3. En ce qui concerne le conflit de compétence entre le Ministère de l’EPSP et celui de la FPMA, le constat est malheureux. Les Enseignants regrettent l’irresponsabilité du Gouvernement incapable de remettre de l’ordre pour que nos élèves puissent étudier en toute quiétude, les parents, les enseignants, les élèves sont écartelés quant à l’organisation de deux examens d’Etat devant etre pris en charge par les ménages pauvres ;

4. S’agissant de la gratuité de l’enseignement, il sied de rappeler que depuis 1993, le système éducatif congolais, du préscolaire jusqu’à l’université, est pris en otage par la prise en charge des Enseignants, par les parents comme mode de gestion et de fonctionnement des écoles. Vingt-six ans après, le système est essoufflé et a produit des conséquences néfastes sur la qualité de l’enseignement et la carrière des Enseignants.  Voilà pourquoi nous saluons la vision du Chef de l’Etat qui a pris l’engagement solennel d’accorder la gratuité de l’enseignement au courant de l’exercice scolaire prochain. Cependant, cette vision ne peut se matérialiser sans mesures compensatoires qui prennent en compte l’amélioration des conditions de vie et de travail des Enseignants à travers un nouveau barème salarial qui les sécurise et qui règle définitivement le problème des Enseignants non payés ;

5. S’agissant de la mise en place de la caisse de retraite des Enseignants la retraite des Agents et Fonctionnaires de l’Etat est réglées dans les statuts et lois de la République. Il revient à l’Etat Congolais en sa qualité du pouvoir organisateur de l’enseignement d’accorder une retraite digne à ses Agents. L’imposition d’une caisse de retraite devant être prise en charge par l’enseignant alors que son salaire n’a connu aucune augmentation est une atteinte à ses droits fondamentaux. Le SYNECAT met en garde toute structure syndicale qui hypothèquerait les intérêts des Enseignants en acceptant la mise en place d’une caisse de retraite hors normes;

6. En ce qui concerne la rémunération des Enseignants, le SYNECAT fustige le protocole d’accord signé entre le Gouvernement et l’INAP depuis 2017 accordant 100$ au huissier en 2019, 150$ en 2020 et 200$ en 2021 avec une tension salariale illégale de 1 à 2, ‘38. Cet accord vexatoire ne pourra répondre aux attentes de 410.000 Enseignants à travers la République. De ce qui précède, le SYNECAT exige du Gouvernement:

 01. Illico presto, la restitution de la gestion de la MESP au comité de crise institué à cette fin;

02. De payer les 100.000 FC des mois d’août et septembre 2017 ;

03. De convoquer les travaux de la commission paritaire incessamment pour discuter du barème applicable à la suite de la gratuité;

                  Faute pour le Gouvernement de répondre aux revendications légitimes des Enseignants, il sera tenu seul responsable de toutes les perturbations sociales qui en découleraient.

                  Les Enseignants réunis en Assemblée Générale lancent un préavis de grève  à dater de ce jour au Gouvernement et lui demande de se pencher sur ces questions avant la tenue de l’Assemblée Générale de décision.

Pour le SYNECAT

Jean-Bosco Puna

Secrétaire Général

  • 2
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •