Indépendance de la RDC : des journalistes édifiés sur l’importance des mémoriaux

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Louis Bickford, spécialiste des questions de mémoire au Centre international pour la justice transitionnelle (CIJT) en séjour à Kinshasa, a échangé mardi avec les membres du Réseau des journalistes pour la justice transitionnelle (RJJT) sur l’importance des mémoriaux dans une communauté à la recherche de son histoire.

L’orateur a fondé son intervention sur divers paradigmes tirés des pays comme le Chili, l’ex-Yougoslavie, le Maroc, l’Ethiopie et certains pays d’Asie. Les projections vidéo ont suffisamment édifié l’auditoire. Le spécialiste a expliqué que les mémoriaux ont, notamment pour rôle, de restituer un passé sanglant ou non d’une communauté et restent indispensables pour les générations futures, appelées à se faire une idée sur le passé de leur milieu de vie. Pêle-mêle, il a pris l’exemple de la « Terreur rouge », l’expression reconnue aux sanglantes répressions sous Selassié Ailé d’Ethiopie et qui ont donné lieu à une forte documentation des questions de mémoire chez des chercheurs.

L’Américain, arrivé à Kinshasa en début de semaine, a pris soin de sillonner la capitale      pour prendre des images qui illustrent des mémoriaux. L’imposante statue de Laurent-Désiré Kabila posée sur son mausolée a été prise en exemple des mémoriaux qui rappellent la succession des régimes politiques.

Bickford est en tournée à l’intérieur du pays. Objectif : se documenter sur les mémoriaux dans les Kivus et à Kisangani, principalement sur les vestiges de la guerre de six jours entre les armées rwandaises et ougandaises en 2000.

A Kasika aussi et Makobola où des victimes ont été comptées en milliers et où des femmes auraient été enterrées vivantes par des éléments de groupes armés.

Le chef de mission de l’ICTJ en RDC, Me Mirna Adjami – qui traduisait son hôte – a salué l’esprit qui a prévalu lors des échanges et assuré les journalistes de la pérennisation des rencontres analogues mais sur d’autres thèmes centrés sur la JT dans l’optique d’aider les journalistes et la société civile à se documenter suffisamment sur des questions de justice transitionnelle.

Dans son bref mot, elle a appelé les dirigeants à reconnaître que dans un conflit armé, dans un régime répressif et dans une période de colonisation, c’est la population qui s’affiche comme la première victime. D’où, souhaite-t-elle, la justice transitionnelle est bien là pour aider au rétablissement de la vérité.

Pour sa part, le Coordonnateur national du RJJT a loué l’initiative du ICTJ et souhaité que le partenariat, matérialisé avec l’appui de l’organisme américain au renforcement des capacités des journalistes sur des mécanismes de justice transitionnelle, fasse son bon homme de chemin.        

Muriel Kadima

 

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