Incidents du 15 août près de Kananga : Kapuku et Luandanda interpellés !

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Le dimanche 15 août 2010, des incidents graves s’étaient produits au village de Luandanda, dans le secteur de Tshibashi, territoire de Demba, près de Kananga, au Kasaï Occidental. En effet, en marge de la toute première célébration eucharistique de l’abbé Tshimpaka, des villageois s’étaient affrontés aux policiers arrivés dans la suite du gouverneur de province, Trésor Kapuku, après avoir appris la nouvelle faisant état du projet de l’intronisation, par l’autorité provinciale, d’un nouveau chef coutumier en lieu et place de celui légalement nommé et investi jusque-là. Un mort avait même été enregistré dans les rangs de la police. Et, trois jours après, plus précisément le mercredi 18 août, un incendie, que plusieurs sources imputent à une origine mystérieuse, avait ravagé la chambre à coucher du gouverneur Kapuku.

            Nous venons d’apprendre que l’Assemblée Provinciale du Kasaï Occidental, qui s’est saisi du dossier en fin de semaine dernière, a décidé d’enquêter. Une commission d’enquête composée d’une dizaine de députés provinciaux va se rendre incessamment au village de Luandanda pour récolter des données sur les tenants et aboutissants des événements malheureux du dimanche 15 août, lesquels avaient coûté la vie à l’un des gardes du corps du gouverneur de province.

            Pour l’instant des versions contradictoires circulent à Luandanda comme à Kananga. Au village de Luandanda, les proches du chef coutumier en fonction, le nommé Luandanda, soutiennent que le gouverneur Trésor Kapuku, originaire du village précité et invité à la toute première messe de l’abbé Tshimpaka, était porteur d’un agenda caché. On l’accuse d’avoir voulu faire d’une pierre deux coups : d’une part profiter de la solennité de l’événement connu du jour pour se faire passer pour un des « parrains » du jeune abbé ; mais d’autre part introniser et légitimer le pouvoir du nouveau chef coutumier devant les autochtones ainsi que les notabilités politiques, religieuses et militaires présents à Luandanda.

            C’est pour faire échec à l’imposture et l’arbitraire, indique-t-on, que les villageois ont organisé une manifestation de protestation. Si celle-ci a dérapé, soutient-on, c’est à cause de l’intention des policiers de vouloir arrêter le chef Luandanda, sur ordre du gouverneur Kapuku, en vue de l’amener de force à Kananga, après l’échec de la tentative d’investiture de son successeur. Au village de Luandanda, on est unanime à affirmer que c’est le gouverneur de province qui est responsable de la confusion qui a débouché sur le décès de l’un de ses gardes du corps. On condamne d’autant son initiative qu’elle ne reposent sur aucun texte légal.

            De son côté, le gouverneur Trésor Kapuku, par la voie du porte-parole du gouvernement provincial, laisse entendre que sa mission à Luandanda se limitait à sa participation à la messe de l’abbé Tshimpaka, en sa qualité à la fois d’autorité provinciale et de fils du terroir. Il parle de cabale orchestrée contre lui par des politiciens opérant à Kananga comme à Kinshasa, qui ont intoxiqué les villageois avec une fausse rumeur faisant état de son intention de limoger le chef coutumier Luandanda, alors que telle n’était pas sa volonté.

            S’agissant des incidents, il affirme avoir été attaqué par une bande de jeunes surexcités, qui tenaient à lui faire la peau, n’eut été la riposte de sa garde.

            En ce qui concerne le feu qui a ravagé sa chambre à coucher, le mercredi 18 août, l’homme de la rue, à Kananga comme à Luandanda, continue de croire qu’il s’agirait d’un sérieux avertissement du pouvoir coutumier en direction de Trésor Kapuku.

            Pour sa part, le gouverneur de province a imputé la cause de l’incendie au surchauffement d’un poste de télévision oublié sur secteur, balayant d’un revers de la main l’hypothèse de son origine mystérieuse.

            L’opinion publique émet le vœu de voir l’Assemblée provinciale du Kasaï Occidental s’investir dans la collecte profonde et impartiale de toutes les informations et pièces relatives au dossier de Luandanda, qui a installé un climat très malsain entre les autochtones et les éléments de la police nationale, dont un fort contingent patrouille encore dans ce village.

            Certes, il y a nécessité de sévir contre les antivaleurs, dont la violence, mais que les députés provinciaux prennent le temps de creuser suffisamment le dossier pour que soient punis les vrais coupables, quels qu’ils soient. 

            Pour faire un travail propre, ils devraient auditionner tous les acteurs impliqués dans ce qui est arrivé : le gouverneur Kapuku, le chef coutumier Luandanda, son présumé successeur repéré dans la foule des chefs coutumiers venus de Kananga et d’ailleurs, les policiers commis à la sécurité du gouverneur et en mission au village Luandanda, les notables de ce village, les acteurs politiques et sociaux invités à la messe de l’abbé Tshimpaka, etc. Personne, ni rien ne devraient être négligés en vue de l’éclatement de la vérité.                                            Kimp.

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